MARTÈNE, De ant. eccl. rit., 1. Il, c. 11, ordo
operatus es in nobis!, des psaumes Magnus Dominus et laudabilis nimis, et Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum ?. Le Pontifical romain prescrit encore l’usage du baiser de paix, et a conservé les pièces de chant, vestige intéressant de la coutume antique qui s’observe toujours dans les monastères. La vraie signification en est rendue plus manifeste encore par une allocution toute paternelle, que le Pontifical romain a également conservée en dépit de son caractère intime et familial. I1 s’agit en effet pour l’Abbé, c’est-à-dire pour le Père de famille, de témoigner à ce nouveau venu qu’il est adopté par ses frères et qu’il aura désormais de vivre constamment en leur société : 1dcirco damus ei communem societatem vivendi NOBISCUM. C’est l’admission définitive par la famille religieuse. L’évêque n’appartenant pas à cette famille et ne menant pas cette vie conventuelle, devrait dire selon le texte du Pontifical : damus ei communem societatem vivendi CUM EIS . La formule n’a son sens plénier que sur les lèvres du Supérieur du monastère. Le Pontifical de Durand de Mende croyait pouvoir l’intituler exhortationem sancti Augustin; pareille attribution aurait quelque peine à se justifier.
L’idée de l’union et de la participation intime à la vie de la communauté est déjà mise en un puissant relief par cette allocution et le baiser de paix : elle trouvera son couronnement dernier dans la réception de la sainte eucharistie qui viendra combler de bénédictions célestes celui qui s’est offert sans retour. Pour l’instant la messe reprend son cours habituel et le nouveau profès y sera plus uni que personne, représenté qu’il est par la charte de ses vœux déposée sur l'autel tout près de l’hostie sainte. Mais un rite spécial est venu s’introduire ici tardivement, sans doute pour signifier à tous la mystérieuse immolation qu’a produite l’acte de la
1. Pontifical de Durand de Mende. MARTÈNE, tbid., ordo 7. 2. Pontifical du XIT° siècle. Dom Casez, Die Mônchsweihe, p. 44, 45. 3. MARTÈNE, De ant. eccl. rit, 1. II, c. 11, ordo 7.