DROIT ÉPISCOPAL DE BÉNÉDICTION
a dû aborder fréquemment la question des rapports entre les évêques et les moines de leurs diocèses, soit pour réprimer les abus de pouvoir des uns, soit pour châtier l’insubordination des autres, soit tout simplement pour régler des points particuliers. Dans ces différentes circonstances, il a toujours eu soin de mentionner l’ordination ou bénédiction solennelle donnée par l’évêque du diocèse.
À l’évêque de Rimini, Castorius, il a dû rappeler les conditions du droit : obligation d’ordonner celui que les suffrages du monastère lui ont proposé, on alium sed quem. communi consensu congregatio Llota poposcerit ORDINARE fe volumus!. Et à l’abbé de ce monastère, qui se plaignait des empiètements de l’autorité épiscopale, il donnait satisfaction, en spécifiant cependant que l’évêque retenait sa juridiction de droit, consistant en le pouvoir d’ordonner l’élu qui lui sera présenté, //a videlicet ei jurisdictione relicia ut in defuncti abbatis locum, alium quem dignum communis consensus congregationis elegerit debeat ORDINARE ?.
Dans un autre monastère il s’agissait de substituer à un candidat indigne et intrus, un abbé choisi par toute la communauté : Ut suprascripto Secundino remoto ab abbatis officio, Theodosium quem congregatio ipsa sibi petit ordinari, in monasterio sancti Martini SOLEMNITER per eum cujus interest facias ORDINARI®. À cette mention de la bénédiction solennelle conférée à l’abbé, une autre lettre de saint Grégoire ajoute enfin un détail important que la tradition a pleinement confirmé depuis, c’est que la bénédiction abbatiale est donnée au cours de la messe pontificale. Saint Grégoire écrit à un certain abbé Urbicus pour le charger d’inviter l’évêque de
1. Epist. II, 41. P. L., LxxVII, 579. Éd. Mon. Germ., Epist. V, 49, p. 349.
2. Epist. II, 42. P. L., tb, 580. Mon. Germ., Epist. V, 47, p. 347. Cf. Dom BERLIÈRE, L'exercice du ministère paroïissial par les moines dans le haut moyen âge, dans Revue bénéd., 1927, p. 230-232.