Cf. G. SCHREIBER, Kurie und Kloster, 2° Partie
âmes et l’administration intérieure de leur monastère. Les formules liturgiques vont nous faire entendre le mot inspiré de la Règle de saint Benoît et consacré par la tradition, le regimen animarum qui traduit si bien la pensée de la direction spirituelle la plus authentique ; et elles diront à l’élu par la voix du prélat qui le bénit : Accipe plenam et liberam potestalem regendi hoc monasterium. « Recevez la pleine et entière autorité que vous pourrez exercer en toute liberté sur ce monastère. » Le terme de regimen est celui qu’a conservé la langue officielle de l’Église dans le Codex Juris canonici, pour désigner les abbés ayant juridiction, abbates regiminis, ou de regimine.
Le rite de la bénédiction abbatiale présentait dans les temps primitifs la plus extrême simplicité. On a voulu dans la suite lui donner plus de relief en le faisant précéder, comme les ordinations majeures, du chant des litanies. Durand de Mende y a même ajouté les sept psaumes de la pénitence !. Il ne manque donc rien à la préparation, il y a presque surabondance. Il ne faut cependant pas trop incriminer le savant évêque de Mende : l’usage de réciter ainsi les psaumes pénitentiels se constate à Cluny dès le XIS siècle 2. Ce n’est encore que le préambule de la cérémonie.
On s’aperçoit déjà d’ailleurs à un autre signe, que l’on s’est inspiré du sacre des évêques *. Attendu que la bénédiction abbatiale se célèbre au cours de la messe pontificale, à la suite du chant du graduel, et comme le nouvel abbé aura à lire toutes les formules de la messe, sauf toutefois celles de la consécration, en même temps que le pontife, il paraît, au moment de sa bénédiction, revêtu de tous les ornements sacerdotaux y compris la chape, et il est assisté de deux abbés
2. Consuetudines Farfenses, II, 111. MARTÈNE, De ant. mon. rit., V, 1, 46. ALBERS, Consuet. mon., I, IAI.
3. L. G., La bénédiction des Abbés, dans La Vie et les Arts hiturgiques, 1924, p. 497-501.
LA FORMULE ROMAÏNE 113
qui ne le quitteront pas ; à l’issue de la cérémonie il recevra les insignes pontificaux, auxquels sa bénédiction lui donne
un droit indéniable reconnu officiellement par la législation de l’Église.