‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 97 sur 318 · MARTÈNE, op. cit, Ordo I · texte numérisé non relu

MARTÈNE, op. cit, Ordo I

Le Pontifical romain, — I} 8

En tout cas elle répond exactement à l’idée que le patriarche des moines se faisait de la charge abbatiale, et elle la traduit dans les mêmes termes que saint Grégoire le Grand devait plus tard appliquer à la charge pastorale. Le REGIMEN ANIMARUM est bien cette conduite des âmes que saint Benoît confie à son abbé, en lui rappelant combien la chose est délicate et de quelle responsabilité elle charge sa conscience : sciatque quam difficilem et arduam rem suscepit, REGERE ANIMAS et multorum servire moribus !. C’est en réalité beaucoup plus se mettre au service de tous qu’exercer un pouvoir de commandement et de domination ; c’est l’office du pasteur dont le devoir est de se dévouer jusqu’à la mort pour le troupeau qui lui est confié.

La même prière sera mise sur les lèvres du pontife pour la bénédiction d’une abbesse, encore que dans la circonstance il ne puisse être question d’une juridiction réelle, mais il s’agit bien d’un pouvoir de direction impliquant les mêmes responsabilités et les mêmes devoirs de soilicitude constante et de dévouement. L’antique oraison romaine portait, dans le sacramentaire romain : oratio ad abbatem vel abbatissam faciendum.

Commune également aux abbés et aux abbesses une seconde orafio, déjà en faveur au VIII siècle ?, fut reprise plus tard à Cluny et admise en toute confiance par l’Ordo romanus antiquus ou Pontifical du X® siècle.

Plus nettement monastique que la première par la mention explicite qu’elle fait de l’élection régulière qui a précédé, elle développe les mêmes idées de bénédiction à obtenir de Dieu en vue de la charge à remplir.

Cunctorum [bonorum] ® institutor Deus. tibi sup-

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