J. MORIN, De pœmitentia, p
2. CARDINAL BONA, Opera omnia, édit. Sala, 1753, t. IL, p. 99.
LE GÉLASIEN 23
lui-même : In nomine Domini Fesu Christi Salvatoris. Incipit Liber Sacramentorum Romane ecclesie ordinis anni circuli. Son édition était un chef-d'œuvre ; elle fut reproduite en 1748 par Muratori, dans sa Liturgia Romana Vetus, mais avec le titre nouveau de Sacramentarium gelasianum *. Dans un sentiment de discrétion et d’humilité Tommasi avait préféré ne pas changer le titre de son manuscrit ? ; il avait pourtant lui aussi la conviction, qu’il représentait bien l’œuvre, ou la rédaction, du pape saint Gélase.
En effet, à l’encontre des sacramentaires grégoriens dont on connaissait déjà trois éditions, le nouveau manuscrit édité par Tommasi comprenait, non pas un, mais trois livres séparés. Or, le biographe de saint Grégoire, Jean diacre (fin du IXe siècle), avait écrit du saint pape : Sed et gelasianum codicem de missarum solemniis, …. in unius libri volumine coarctavit 3. Conformément à cette indication, les sacramentaires grégoriens se présentent en un seul livre ; il était donc naturel de voir dans le nouveau recueil réparti en trois livres, intitulé romain, et plus développé que les grégoriens, le gelasianum codicem de Jean diacre, ou sacramentaire du pape saint Gélase.
Mais Jean diacre n’écrivait que vers 880, quatre siècles environ, après ce pape Gélase. Que valait son dire ?
Un peu avant lui, Walafrid Strabon ({ 849), écrivain bénédictin toujours exactement renseigné, dit aussi que Gélase eut une part dans la codification du sacramentaire romain #, et que les oraisons réunies par lui étaient encore en usage