De rebus eccles., 22. P. L., CXIV
dans les Églises des Gaules au IX® siècle. Son témoignage est amplement confirmé par plusieurs sacramentaires du VIIIe siècle, d’origine française et allemande, et par des inventaires de bibliothèques qui mentionnent expressément des Missales gelasiani ! ou Gelasu ?.
Ces témoignages, il est vrai, ne remontent pas au delà duVIlIle siècle ; mais la tradition qu’ils représentent repose sur une donnée ancienne qui était vraisemblablement exacte. Il s’agit d’une notice sur le pape Gélase, ajoutée dès la fin du Ve siècle ou vers le début du VIS, au traité De viris illustribus, de Gennade de Marseille : Scripsit et tractatus diversarum scripturarum, ET SACRAMENTORUM, elimato sermone *. À son tour le Liber Pontificalis, interprétant lui aussi cette donnée, dit de Gélase : fecit ET SACRAMENTORUM, præfationes et orationes, cauto sermone*; ce qui paraît très clair, si l’on se souvient que le nom « Sacramentorum » était pris, aux VIII et IX siècles, pour l'équivalent de Liber sacramentorum, ou Sacramentaire, comme on le constate encore souvent dans les titres des sacramentaires grégoriens et dans les Ordines romani. Il est probable que, dès le VIE siècle, le mot était courant. Le continuateur de Gennade savait donc déjà, à la fin du VE siècle, que le Sacramentaire romain avait été organisé par le pape SAINT GÉLASE.
En tout cas, dans les manuscrits gélasiens, nous avons la liturgie romaine antérieure à saint Grégoire, non pas absolument pure, mais au moins reconnaissable dans les gran-
I. Catalogue de l’Abbaye de St-Riquier, de l’année 831, dans BECKER, Catalogi bibliothecarum antiquarum, p. 28 ; catalogue de l’abbaye de Lorsch, 1h1d., p. 82. Abbaye S. Pierre de Cologne, cf. PAMELIUS, Liturgicon, t. I, p. 13.
2. D. BAGMER, Ueber das sogenannte Sacramentarium Gelasianum, 1893, p. 248.
3. Édition BERNOUILLI, 1895, d’après le manuscrit 22 de Vérone, du VIE siècle ; cf. DUCHESNE, Lib. Pont. I. xxx. — P. L., LVIIL, 1116, ajoute VOLUMEN (sacramentorum), qui n’est pas dans l'original.