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ATTRIBUTIONS DES PORTIERS

Qui est de garder la porte, est plus ancienne que le christianisme, Puisque dans l’Ancien Testament, on voit que les janitores du Temple étaient spécialement choisis et constitués sous la Surveillance des lévites. Quelques-uns des plus beaux psaumes lévitiques, comme le LXxxIIr, Quam dilecta tabernacula tua, et le CxxxIIIe, Ecce nunc benedicite Dominum, semblent avoir pour auteurs des simples portiers du Temple.

L'institution exista toujours dans l’Église, mais pendant longtemps la charge fut laissée à de simples laïcs. À Rome pourtant, dès le IIIe siècle, les portiers font partie du clergé, et sont comptés avec les lecteurs. Mais, à la fin du IV® siècle, ils ne figurent plus dans les lettres des papes ; ils sont devenus, semble-t-il, des employés de rang inférieur, dont l'instruction n’est généralement pas suffisante pour leur permettre d’aspirer à une charge plus élevée. À cette époque, on fait débuter les clercs par l’office de lecteur. En Orient, l’office est mentionné par les Constitutions apostoliques (11, 25), au IVE siècle ; le concile de Laodicée (371, can. 24) le présente même comme un ordre ; mais, après quelques hésitations sur ce caractère d'ordre, Justinien (Novell. 13) et le Concile #7 Trullo, de 692, laissent entendre qu’il ne fait pas partie de la hiérarchie sacrée. Les Orientaux en général ont pensé de même : l’ordination de portier ne paraît pas dans leurs livres.

Comme dans l’Ancien Testament, la fonction principale des portiers est d’ouvrir les portes de l’église, et de surveiller ceux qui entrent, afin d’écarter les indignes, et en général tous ceux qui ne doivent pas assister au service divin !, Cela suppose naturellement certaines aptitudes physiques qui furent, sans doute, l’une des causes pour lesquelles on dispensa les tout jeunes clercs de passer par ce degré de la hiérarchie. La question d’âge et de respectabilité ne pouvait non plus

1. Voir ce qui est dit des portiers dans l'écrit attribué faussement à saint Jérôme, De septem ordinibus ecclesiae, 1. P. L., xxx, 152. Cf. Revue bénédictine, VIII, 97-104 ; XL, 310.

être négligée. Ce sont des qualités exceptionnelles que saint Benoît, en son chapitre de Ostiario monasteri !, réclame du portier du monastère, lequel il est vrai avait une responsabilité plus grande : aussi, d’après les anciennes règles monastiques, la charge était-elle toujours confiée à un «sage vieillard », souvent à un prêtre comme en Thébaïde ?.

À cette fonction d’ouvrir et garder la porte s’est jointe, à l’époque où s’est introduit l’usage des cloches et autres instruments analogues, la charge d’annoncer les offices. Il y est fait allusion dans l’une des prières qui terminent ce formulaire. Nous sommes encore renseignés sur la dignité de cette fonction par saint Benoît mieux que par personne #: il prescrit à l’Abbé du monastère de se réserver à lui-même la charge et l’honneur d’appeler les religieux au service divin, ou de ne s’en remettre de ce soin qu’à un frère extrêmement soigneux et exact.

L’usage d’annoncer au loin les offices en frappant sur un instrument sonore, cymbalum, signum, ou en agitant une cloche, campana, est sûrement postérieur aux persécutions, probablement d’origine monastique. Il se répandit aux VE et VIE siècles.

La 3° mention, /ibrum aperire ei qui prædicat, paraît pour la première fois dans le Pontifical du X£ siècle. Nous allons rencontrer à propos du lecteur une fonction également relative à la prédication, mais plus importante et beaucoup plus ancienne.

LECTOREM oportet legere ea quæ (vel ei qui) prædicat, et lectiones cantare, et benedicere panem et omnes fructus novos.

« Au lecteur est réservé le droit de lire, de chanter les leçons, de bénir le pain et les fruits nouveaux. » 1. Règle de S. Benoît, c. LXVI.

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