JEAN DIACRE, Epist. ad Senarium, 10. P. L., LIX
Quant à la charge que leur reconnaît le Pontifical, à la suite de l’Ordo du X°® siècle, de congédier les non-communiants, dicere populo, ut qui non communicat, det locum, il n’est pas possible de savoir quand ni comment la mention s’est introduite dans ce décret. On reconnaît pourtant là un vestige intéressant de l’ancien rite romain, attesté par saint Grégoire le Grand 1 : c’était alors le diacre qui prononçait cette formule de renvoi, comme dans l’ancien rite alexandrin, où le diacre disait : Qui non communicatis abite. Aucun auteur du moyen âge ne fait plus mention de cette coutume depuis bien longtemps tombée en désuétude. L’Ordo romain en aura relevé le souvenir dans quelque collection aujourd’hui perdue.
A défaut d’autres fonctions plus importantes, les jeunes enfants appartenant à l’un des trois ordres mineurs, avaient du moins celle d’assister le clergé paroissial de Rome, comme l’ont fait depuis les petits clercs et enfants de chœur ; c’est ce que dit le Pontifical à propos des exorcistes : ils présentent l’eau aux ministres de l’autel au cours des cérémonies.
A vrai dire, on ne voit pas comment cette dernière fonction se rattache spécialement aux attributions des exorcistes. Primitivement c’est au diacre qu’il appartenait de présenter l’eau pour le lavement des mains au moment du saint sacrifice ?. Ce fut ensuite l’office du sous-diacre . À Rome, on constatait, à la fin du IV siècle, que les diacres avaient tendance à se décharger sur des clercs inférieurs, de plusieurs de leurs fonctions *, de celle en particulier de présenter l’eau. En effet les Ordines romani attribuent la charge d’offrir à laver, non plus aux diacres ni aux sous-diacres, mais aux simples acolytes. Dans l’Ordo du X® siècle, le dernier pas est enfin franchi : ce sont désormais les exorcistes qui ont la charge de présenter