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LA PRIÈRE LITANIQUE 195
Canons (romains) d’Hippolyte, comme la Tradition apostolique du même auteur, placent les consécrations de l’évêque, du prêtre et du diacre. De plus, les Canons d’Hippolyte ajoutent qu’à l’instant de la consécration, silentio facto in toto grege, omnes pro eo orent, dicentes, O Deus corrobora hunc quem nobis præparasti ; et la Tradition apostolique : Ommes silentium habeant orantes in corde propter descensionem Sptritus À.
Les principaux rites orientaux ont conservé l’usage de ces prières communes aux ordinations ; et encore actuellement dans le rit byzantin, les prêtres reçoivent comme autrefois la consécration au moment de notre offertoire, à l'instant où va se célébrer la liturgie eucharistique.
Il devait en être de même dans le rit romain primitif. Mais les plus anciens rituels d’ordination nous attestent déjà que l’usage s’était introduit, — sans aucun doute à une époque où le catéchuménat n’était plus en vigueur et où l’on redoutait moins la présence des non-baptisés à la célébration des mystères, — d’anticiper les ordinations des prêtres et des diacres Jusqu’avant la lecture de J’évangile. De son côté, peut-être vers la même époque, la prière litanique avait disparu de la place qu’elle occupait jadis avant l’oblation, et désormais le seul souvenir qui en restât, le Kyrie eleison (et la collecte ?), occupait le commencement de la « messe des catéchumènes ». Détail caractéristique : il est prévu, dans l’Ordo romain, que les jours d’ordination, ce Kyrie n’était pas chanté comme de coutume au début même de la messe, mais bien avec la litanie au moment de l’ordination. Ainsi se conservait la tradition antique en dépit de modifications successives.
Le chant des litanies aux ordinations semble n’avoir pas été usité dans les églises gallicanes. Du moins le Missale Francorum n’en parle pas. Mais on y trouve consignée une prière qui en tient lieu, et qui a passé dans les sacramentaires gélasiens,