FONCTIONS DES DIACRES
en particulier, devinrent les intendants des évêques, pour la gérence des biens de la communauté, et la distribution des aumônes. On se rappelle l’exemple typique du diacre saint Laurent, qui non solum ministerio sacramentorum, sed etiom dispensatione ecclesiasticæ substantie præeminebat, rapporte de lui saint Léon !. Saint Jérôme donnait encore au diacre le nom caractéristique de «mensarum et viduarum minister ? ».
À Rome, la répartition de la communauté en sept régions avait eu pour but de faciliter aux diacres cet office d’administrateurs, et l’on sait qu’à la tête de chaque région se trouvait un diacre, auquel étaient soumis les clercs inférieurs. Cette charge d’administration temporelle donnait en fait une grande importance aux diacres, et c’est une des raisons qui guidait souvent le choix que l’on faisait parmi eux des candidats à l’épiscopat : ces hommes, rompus aux affaires, devant mieux réussir, croyait-on, que de simples prêtres adonnés depuis longtemps aux soins restreints de leurs paroisses.
Mais là ne se bornait pas, même à l’origine, le ministère des diacres. Par le fait qu’ils avaient à veiller au service des repas pris en commun, ils avaient certainement un office à remplir dans la célébration de la sainte eucharistie, qui, primitivement, suivait toujours le repas de l’agape. Ils devaient en particulier avoir à prévenir autant que possible les abus et les injustices, dont saint Paul fait mention dans la Première aux Corinthiens (c. x1). Ce fut là l’origine de leur pouvoir ordinaire relatif à la distribution de la sainte eucharistie.
Très anciennement on voit leur double office à la messe nettement défini. D'abord, c’est par eux que doivent passer les oblations des fidèles pour être remises à l’évêque ? : ce
1. S. LÉON, Serm. LXXXV in b. Laurentium, 2. P. L., LIV, 436.