FONCTIONS DES DIACRES 20I
qui y a encore aujourd’hui sa place et ses fonctions bien marquées.
Le Ier Ordo romain !, le plus ancien de tous, distingue nettement deux moments dans le rite de l’oblation : les personnages de distinction se rendent au sezatorium (nous dirions au banc d’œuvre), c’est-à-dire aux abords du presbyterium où prenaient place les laïcs les plus respectables : ils y offrent le pain et le vin ; de leur côté, l’évêque et l’archidiacre s’y rendent aussi, le premier pour recevoir les pains, le second pour recueillir le vin. Ils font ensuite de même pour les simples fidèles.
Cette partie de l’offrande était un rite nettement romain. Elle fut adoptée en pays gallican avec les Ordines roman ?. On l’y voit encore usitée au XIe siècle dans l’Ordo VI.
Au XIIIe siècle, la coutume ancienne existait toujours à la cour pontificale *; mais on s’accoutume de plus en plus à cette époque à remplacer les offrandes du pain et du vin par les « honoraires » en argent. L’offrande du pain et du vin ne se conserve plus, au rit romain, qu’à la consécration des évêques et à la bénédiction des abbés. — D’après l’Ordo I, le second moment de l’oblation consiste d’abord pour l’archidiacre à disposer les pains sur l’autel ; puis le pape se rend lui-même à l’autel et reçoit l’une des offrandes qu’il place devant lui, après quoi l’archidiacre place, près de cette offrande du pape, le calice plein de vin, et l’oblation est terminée par ce seul acte sans aucune parole.
Depuis le XIVE siècle, cet ancien cérémonial s’est modifié d’une façon notable. Même dans la liturgie de la cour pontificale représentée par le XIV et le XVE Ordo romain, des influences étrangères se sont fait jour. De l’offrande par le peuple il n’y a plus trace. C’est le sous-diacre qui prépare
1. E. C. ATCHLEY, Ordo romanus primus, with introduction and notes, Londres, 1905. — BATIFFOL, Leçons sur la messe, Paris, 1927.
2. Cf. AMALAIRE, De eccl. officis, 1. III, 19. P. L., CV, 1129.