‹ Le pontifical romainChapitre 16 sur 240 · I. — ORIGINE ROMAINE DES ORDINES · texte numérisé non relu

I. — ORIGINE ROMAINE DES ORDINES

OUS avons indiqué la première source du Pontifical et du Rituel, l’ancien sacramentaire de l’Église romaine, augmenté, corrigé et modifié comme nous avons vu.

À côté de lui se sont développés d’autres documents qui doivent également figurer parmi les ancêtres directs de nos livres actuels, ce sont les Ordines romani.

Primitivement les recueils qu’on appelle Ordines sont le complément nécessaire du sacramentaire. Ils contiennent l’ordre des cérémonies dont le sacramentaire ne fournit d’habitude que les formules, prières, bénédictions et consécrations ; ie Hdianons sort done des plus importantes.

Ils sont romains d’origine, et exclusivement ; les plus anciens ne prévoient même que les cérémonies qu’accomplit le Souverain Pontife en personne. De bonne heure cependant ils ont servi de modèles aux offices pontificaux célébrés par les simples évêques, et se sont répandus avec le sacramentaire en France, en Allemagne, en Angleterre. Pourtant la cour pontificale conserva son ordo spécial, qui finit par se distinguer essentiellement de ce qu’il était dans le principe. Et naturellement, les Ordines romant adoptés en dehors de Rome eurent

comme le sacramentaire, à subir les influences extérieures sous forme de modifications qu’ils introduisirent ensuite dans la liturgie romaine elle-même.

Les Ordines étaient nombreux : ils réglaient le cérémonial de la messe, du baptême, des ordinations, de la dédicace des églises, et autres fonctions solennelles. Il semble que primitivement ces Ordines restèrent isolés, et formèrent des livrets à part, ainsi qu’en témoigne Amalaire au IX® siècle : ut ex scripturis discimus quæ continent PER DIVERSOS LIBELLOS Ordinem Romanum!; et dans ce cas,

a) ou bien, ils réunissaient formules et cérémonial ; ce qui ne semble pas être ie plus commun ;

b) ou bien, ils se restreignaient aux détails du rite, des cérémonies, en négligeant les formules que l’officiant devait trouver dans le sacramentaire ?. De là cette formule constante dans les anciens Ordines romani : sicut in Sacramentorum continetur, « comme il y est pourvu dans le livre des sacrements. »

Souvent aussi certains de ces Ordines ont pu pénétrer avec leurs formules dans le sacramentaire. C’est le cas de l’Ordo du baptême et de celui de la pénitence dans les sacramentaires gélasiens du VII et du VIII siècle ; et il se trouve que ces sacramentaires en sont les premiers témoins, car on ne connaît guère d'exemplaires séparés qui soient antérieurs au IX® siècle ; lPOrdo de la messe n’entra au contraire que très tard dans le missel : dans le grégorien primitif il n’y en a aucune trace.

Il importe assez peu de savoir si certains de ces documents ne seraient pas sortis du sacramentaire gélasien. Les données manquent pour résoudre la question. Quoi qu’il en soit, Ordines et sacramentaires jouissaient de la même autorité incontestée.

Isolés les uns des autres à l’origine, les Ordines accusent,

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