‹ Le pontifical romainChapitre 169 sur 240 · V.— Tableau comparatif des documents anciens · texte numérisé non relu

V.— Tableau comparatif des documents anciens

ÉPUIS le XIIe siècle de nombreux théologiens ont considéré le sous-diaconat comme un vrai sacrement. À s’en tenir cependant au témoignage irrécusable de la liturgie romaine il semble que toute l’immensité de l’action sacramentelle sépare l’ordination des sous-diacres de celle des diacres. Il paraît bien qu’il y aït entre elles la distance et la différence qui existent entre la préparation pure et simple d’une part, et la participation réelle d’autre part au sacrement de l’ordre. Cette distinction essentielle se traduit de la façon la plus expressive dans les rites traditionnels que nous a conservés notre liturgie. Il suffit d’en exposer d’une façon simple et claire le développement historique à travers les âges, pour acquérir sur ce point capital des notions exactes, conformes à la tradition ancienne.

Il est un terme employé constamment par toute la tradition, qui fixe à lui seul les idées : c’est celui de consécration, qui caractérise l’ordination des diacres aussi bien que celle des

prêtres et le sacre des évêques. Pour les trois degrés supérieurs

de la hiérarchie, cette consécration est de même nature,

pour la raison qu’ils participent tous les trois au même et

unique sacrement de l’ordre. Le témoignage du pape saint

Léon est trop explicite pour ne pas être rapporté : 1l résume

toute la tradition romaine. « Le sacrement de l’ordre, dit-il, doit être conféré le dimanche, le jour du Seigneur, non seulement aux évêques, mais pour la même raison, aux prêtres et aux diacres, attendu qu’ils reçoivent une même consécration, circa quos par consecratio fieri debet 1 ».

De son côté saint Denys, au VE siècle, dans son livre De la Hiérarchie ecclésiastique (V, 3), rapporte que « les prêtres

et les diacres ont de commun dans la cérémonie de leur consécration, qu’ils doivent s’approcher de lPautel, fléchir les genoux, que le pontife leur impose les mains et trace sur eux le signe de la croix, qu’enfin on proclame leur nom et qu’on leur donne le saint baiser ».

Il y a parité de rites dans les lignes essentielles de cette triple ordination, partout il y a consécration et imposition des mains, union intime du geste sanctificateur et de la parole consécratoire ; et là paraît dès maintenant la différence avec les ordinations aux degrés inférieurs de la hiérarchie, Pour ceux-ci, une simple désignation, une tradition d’insignes et d'objets sacrés relatifs aux fonctions liturgiques, et une simple bénédiction. Pour les diacres, comme pour les prêtres et les évêques, une réelle et mystérieuse transmission de la grâce de l’ordre par le rite antique de l’imposition des mains.

« C’est essentiel à l’ordination des clercs, rappelle

I. S. LÉON, Epist,. VI, 6. P. I. LIV, 620. S. OPTAT DE MILÈVE, au IVe siècle se représentait les diacres comme formant le 3° degré du même et unique sacerdoce : Quid DIACONES IN TERTIO, quid PRES- BYTEROS IN SECUNDO SACERDOTIO CONSTITUTOS ? (Contra Parmenianum, MPAPORIES EXT 010)

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