PRÉFACE DE CONSÉCRATION
gue de la préface puisqu'il contient une sorte d’invocation : Adesto quæsumus « Rendez-vous présent, nous vous en supplions, Dieu tout-puissant… » 1,
Le second point important a été signalé déjà par dom Martène, et confirmé d’une façon décisive par S. É. le cardinal van Rossum dans son écrit sensationnel sur l’essence du sacrement de l’ordre ?. La grande et solennelle formule de consécration des diacres s’est conservée intacte, sauf que, vers le XIIIe siècle, sous l’influence de la scolastique, on y a introduit des mots ignorés jusque-là, ceux précisément dont quelques théologiens ont voulu faire la forme unique du sacrement : Accipe Spiritum sanctum ad robur… Le cardinal van Rossum, après le Père Morin de l’Oratoire, signale un manuscrit de Reims du XIIe siècle, où une main plus récente a ajouté, en marge de ce passage de la préface, les mots :
dicens : Accipe Spiritum sanctum. En 1258, le théologien Gilbert de Tournai mentionne, pour la première fois,
excubiis permanentes, hereditatem benedictionis æterne sorte perpetua possiderent. Super hunc quoque famulum tuum, quæsumus, Domine, placatus intende, quem tuis sacrariis seruiturum in officium diaconii suppliciter dedicamus. Et nos quidem tamquam homines diuini sensus et summe rationis ignari, huius uitam, quantum possumus, estimamus. Te autem, Domine, ea que nobis sunt ignota non transeunt, te occulta non fallunt. Tu cognitor secretorum, tu scrutator es cordium, tu eius uitam caelesti poteris examinare judicio, quo semper preuales, et admissa purgare, et ea que sunt agenda concedere. Emitte in eum, Domine, quæsumus Spiritum sanctum, quo in opus ministerii fideliter exsequendi septiformis gratie munere roboretur. Abundet in eo totius forma uirtutis, auctoritas modesta, pudor constans, innocentiæ puritas et spiritalis obseruatio discipline. In moribus eius precepta tua fulgeant, ut sue castitatis exemplo, imitationem sancta plebs adquirat et bonum conscientie testimonium proferens, in Christo firmus et stabilis perseveret dignisque successibus de inferiori gradu per gratiam tuam capere potiora mereatur. Per Dominum.
1. Lire à la note précédente ie texte authentique de ces trois formules d’après le sacramentaire grégorien.
2. De essentia sacramenti Ordims, Fribourg, 1914, p. 152-153.
semble-t-il, cette addition au texte ancien'!. Le Pontifical des Papes a continué de l’ignorer jusqu’au XIVE siècle. Il faut du reste reconnaître qu’elle a l’avantage d’être claire et explicite ; mais en réalité, sauf la forme impérative, elle n’a rien ajouté d’essentiel à la prière de consécration qui à cet endroit même s’exprime ainsi :
Ernitte in eum, quæsumus Domine, Spiritum sanctum
quo. septiformis gratiæ tuæ munere roboretur…
Des deux côtés c’est le même Esprit, avec mention spéciale du don de force. On peut dire qu’il y a parfaite identité. Ces paroles additionnelles ne sont que l’expression en abrégé des demandes énoncées plus au long dans la consécration. Il va sans dire que celle-ci garde toute la valeur que lui attribue la tradition.
Cette préface des diacres augmentée des mots Accipe Spiritum sanctum ad robur…. qui la précisent, constitue, avec l'imposition des mains qu’elle accompagne et complète, le rite essentiel. Deux idées sont nettement exprimées dans la formule où l’on reconnaît les pensées et les termes mêmes du pape saint Léon :
a. — C’est d’abord celle de la consécration à Dieu, et par Dieu lui-même, d’une âme, qui auparavant ne lui appartenait pas à un titre spécial, et qui est solennellement vouée à son service. Nous reprenons le pluriel avec le Pontifical :
Hos famulos tuos… tuis sacris altaribus servituros in officium diaconatus suppliciter dedicamus.
C’est une vraie dédicace, une consécration irrévocable et définitive, impliquant caractère ineffaçable ; consécration analogue à celle qui honora jadis la tribu de Lévi, electis ab initio
Leur filiis, qui in mysticis operationibus domus tuæ fidelibus excubiis permanentes, hereditatem benedictionis æternæ sorte perpetua possiderent ;
I. GILBERT DE TOURNAI, De officio episcopi et Ecclesie officüs, cité par CATALANI, Comment. in Pont. rom., 1, 1850, p. 214.