LE SACERDOCE CHRÉTIEN II. — ÉLECTION DES SUJETS
Nous avons, dans l’élection des sujets, l’indication des préliminaires de l’ordination. C’est ce qui doit fixer l’attention pour l'instant. Il n’y a pas à revenir sur le rite si intéressant que nous avions noté déjà comme une caractéristique de l’ordination au diaconat, la prière litanique du début. Cette supplication marque la part que prend le peuple chrétien à la promotion de ses pasteurs ; elle devrait, dans notre Pontifical, venir immédiatement après l’invitation adressée au peuple, OQuoniam fratres carissimi, comme elle suit le texte Auxiliante Domino, signalé plus haut à propos des (sousdiacres et des) diacres. La formule Quoniam n’est en effet qu’une imitation de l’Auxiliante Domino. Il s’agit de consulter le peuple présent sur les candidats à l’ordination et d’obtenir de la sorte son assentiment tacite. Conséquemment on demande à l'assemblée de s’intéresser à ces ordinands et à leur avenir spirituel en s’unissant dans une prière ardente, au chant de la supplication solennelle des Lifanies. Une anomalie, qui date de l’époque de Durand de Mende, renvoie cette prière de tous après l’admonition aux futurs prêtres, dont il sera parlé dans la suite.
L’assentiment demandé à l’assistance est comme une confirmation donnée par le peuple fidèle à l'élection des candidats ; celle-ci précédait naturellement la déclaration qui en était faite au peuple ; nous en avons le souvenir dans le dialogue :
Reverendissime pater, postulat sancta mater ecclesia, qui est le même que pour les diacres. La formule est prononcée par l’archidiacre (actuellement le prêtre assistant), et c’est lui aussi qui témoigne en faveur des futurs prêtres. Cet usage de la présentation des ordinands à la prêtrise par un simple diacre était des plus anciens à Rome, et il semble que ce fût même une particularité romaine : témoin le trait satirique de saint Jérôme dans une lettre célèbre où il proteste contre