CÉLÉBRATION DE L'OFFICE DIVIN
Dès les origines, il paraît logique à tous que la prière liturgique, comme le saint sacrifice, soit célébrée par l’évêque entouré de son clergé et de sa communauté chrétienne.
« Ne faites rien sans l’évêque et les prêtres, écrivait
saint Ignace aux fidèles de Magnésia ; n’accomplissez
rien selon votre propre jugement, mais qu’il n’y ait
parmi vous qu’une seule et même prière commune,
une même supplication de tous, un seul esprit 1. » C’est bien ce qu’a vu la pieuse voyageuse aux Lieux saints, qui écrivit, à la fin du IVe siècle, le récit de sa Peregrinatio, et donna un tableau si vivant de la liturgie de la semaine sainte et des grandes fêtes à Jérusalem : constamment l’évêque y paraît accompagné de ses prêtres et de tout le peuple ; mais il est dit que les plus vaillants parmi les clercs avec les moines poursuivent la psalmodie pendant la nuit. Ainsi saint Ambroise se comportait-il aussi à Milan : non content de présider à toutes les fonctions du culte, il célébrait l’office des vigiles nocturnes dans l’église avec l’assistance de son peuple.
Le décret de l’empereur Justinien, porté en 528, ne fit que sanctionner l’usage universel et rendre officielle, en Occident comme en Orient, la doctrine de l’obligation pour les clercs de célébrer chaque jour les offices de matines, laudes et vêpres.
« Si les laïcs, ajoutait-il, viennent en grande foule remplir les églises aux heures de la psalmodie, quel scandale ne serait-ce pas de voir des clercs négliger un ministère en vue duquel ils sont ordonnés » guomodo non fuerit indecens clericos ad id ordinatos non implere munus suum ?. Il est possible
que l'obligation de la récitation privée ait existé déjà pour les clercs empêchés d’assister à la célébration publique de l'office liturgique. C’est l’époque précisément où saint Benoît
1. Epist. ad Magn., vit. Édit. LELONG, Les Pères Apostoliques,