Capitula synodica, 1. Cf. P. L., LXXII
de lui rendre cette gloire et de publier ses louanges par l’oblation du saint sacrifice, l’acte de culte le plus parfait qui existe, et par l'office divin qui traduit les sentiments et les nécessités de l’humanité tout entière 1.
La même pensée est énoncée dans la préface Adesto precibus, à la cérémonie de consécration des églises. Après la demande de bénédiction abondante répandue sur le temple saint, le premier vœu émis est relatif au ministère des prêtres : Hic
quoque sacerdotes sacrificia tibi laudis offerant.
C’est à quoi Dieu tient avant tout ; mais il ne reçoit les hommages des humains que pour /es combler en retour de ses bénédictions. Et de même qu’il agrée spécialement la louange des âmes consacrées en vue’de ce ministère, ainsi aime-t-il à passer par des intermédiaires officiels pour répandre ses grâces surnaturelles et ses faveurs célestes.
L’intermédiaire dont Dieu se sert est le prêtre, et le prêtre se trouve investi par son ordination du pouvoir de bénir au nom de Dieu.
Les restrictions apportées jadis aux pouvoirs sacerdotaux étaient rigoureuses ; mais elles détaillaient d’une façon intéressante les attributions habituelles reconnues aux prêtres en l'absence de l’évêque : réconciliation des pénitents, baptême solennel, célébration des saints mystères, prédication, bénédictions et usage ordinaire du salut sacerdotal, Dominus vobiscum.
Le privilège de bénir forme en effet le second droit strict des prêtres : offerre, benedicere. Noter l’ordre logique indiqué par le Pontifical : aux prêtres il appartient tout d’abord d'offrir le saint sacrifice, et ensuite de bénir. Il y a même entre leurs deux pouvoirs plus qu’une suite logique, il y a vraie corrélation de cause à effet : ils peuvent bénir précisément parce qu’ils ont le pouvoir d’offrir. Il est à remarquer que chez
1. J. TIXERONT, L'ordre et les ordinations. Chap. vi : Obligations imposées aux ordinands : l'office divin.
Melchisédech, prototype du sacerdoce chrétien, il y eut le même ensemble de privilèges, peut-être la même corrélation : Melchisédech, prêtre du Très Haut, offrait le pain et le vin ; et il bénit Abraham victorieux !. En bénissant il exerçait, remarque saint Paul, un droit qui montrait sa supériorité sur le patriarche ?. En bénissant au nom de Dieu et de sa part, le prêtre atteste être dépositaire d’une autorité supérieure à tout le créé, à toute dignité terrestre. Il bénit en vertu de son ordination, et du caractère sacré dont elle l’a revêtu. Il bénit parce qu’il est à la source même des bénédictions divines, dont il est constitué le dispensateur authentique.
L’idée de ce pouvoir d’obtenir et de répandre au nom de Dieu les faveurs surnaturelles, est exprimée deux fois dans les prières de la messe solennelle, en relation étroite avec celle d’offrande à Dieu. C’est d’abord l’encens présenté avec la matière du sacrifice, et qui est dit monter vers le trône de la Majesté divine sous la forme d’une oblation : ?
Incensum istud, a te benedictum, ascendat ad te, Domine… « Que cet encens, qui a reçu votre bénédiction, monte jusqu'à Vous, Seigneur ! »
Et la prière ajoute aussitôt, avec la plus entière confiance, comme s’il s’agissait d’une conséquence logique qui s’impose :
« Et que descendent sur nous les manifestations de votre bonté miséricordieuse ! »
. et descendat super nos misericordia tua.
Dès l'instant qu’elle trouve accès près de Dieu, la prière ardente, que représente l’oblation de l’encens, est assurée de rapporter de ce contact divin toutes les bénédictions qu’elle désire : l’Église offre et supplie, Dieu ne peut se refuser