Cf. Apoc., VIIL
de bénir, et il le fait « par son Fils, l’unique vrai prêtre, Notre-Seigneur Jésus-Christ 1 », et par ses représentants.
Le même double mouvement d’ascension vers Dieu et d’effusion des grâces sur les hommes s’exprime, d’une façon plus saisissante encore, au canon de la messe, dans la formule Supplices te rogamus…. Le prêtre prend en main toutes les offrandes des fidèles, transformées au corps et au sang du Christ : assuré qu’il est de les voir agréées de Dieu, il présente « cette hostie pure, sainte et immaculée », et supplie qu’elle soit transportée devant l’autel de la divine majesté : en retour, il attend pour tous la plénitude des bénédictions célestes :
«Nous vous en supplions, Seigneur Dieu toutpuissant, que par votre saint Ange ces dons soient portés sur votre autel du ciel devant votre Majesté sainte ; et que nous tous, qui recevrons le corps et le sang du Sauveur, soyons remplis de la surabondance des bénédictions et grâces d’en haut ! »
C’est la réponse attendue avec confiance : si l’offrande du sacrifice est acceptée, — et elle ne peut pas manquer de l’être, — ceux qui y participeront par la communion seront comblés de faveurs célestes, Dieu leur rendant au centuple ce qu’ils auront offert ?.
Le prêtre est essentiellement le dispensateur de ces bénédictions, parce qu’en offrant le saint sacrifice il a trouvé accès au trésor qui les contient toutes. Et la première de ces bénédictions est précisément la sainte communion que d’office il distribue aux fidèles. Le texte des postcommunions y fait souvent allusion :
1. FLORUS DE LYON (IX s.), De expositione missæ, 43 : In oblatione divini sacrificii sacerdotes exhibent offerendi et supplicandi ministerium : sed Deus largitur benedictionis donum per unum et verum sacerdotem.…. P. L., CXIX, 44.
2. Cf. AMALAIRE, De eccl. officüs, 1. III, 24: Precatur sacerdos ut præsens oblatio ita sit accepta quatenus sumpturi eam simul fiant cælestes et gratia Dei repleti. P. L., CV, 1142.
« Nous venons de recevoir, Seigneur, la BÉNÉ- DICTION DES DONS CÉLESTES ; qu’elle nous soit, nous vous en supplions, source de grâce et de salut 1.»
La formule de « salutation ? », écho authentique du salut de l’Ange à Marie, d’un usage si fréquent à la messe et dans la célébration des sacrements est, sur les lèvres du prêtre, une vraie bénédiction, et n’est qu’une extension de la communion eucharistique. Elle est elle-même signe de communion, et échange du don le plus magnifique que les âmes puissent se communiquer les unes aux autres, Dieu luimême, sa paix et sa grâce :
Dominus vobiscum. RJ. Et cum spiritu tuo !
Pax Domini sit semper vobiscum. RJ. Et cum spiritu tuo!
Saint Paul disait de même à Timothée :
Dominus Jesus Christus cum spiritu tuo.
Gratia vobiscum. Amen *.
Il faut entendre de la même façon la bénédiction du prêtre à la fin de la messe, attestée déjà au concile d’Agde de 506 4. À la parole elle joint le geste : la main s’élève, forme le signe de la croix du Christ, et s’abaisse pour bénir. Tout ce que le prêtre bénit, personnes et choses, est ainsi béni de la main et du signe de croix. C’est pour « bénir, consacrer et sanctifier » que les mains du prêtre reçoivent l’onction de l’huile sainte des catéchumènes :
« Tout ce qu’elles béniront sera béni, et tout ce qu’elles consacreront sera consacré et sanctifié, au nom de Notre-Seigneur Tésus-Christ . »
Ce second élément, le signe de la croix du Christ, n’est pas moins essentiel que l’autre, celui-ci comme instrument, celui-là
1. Missel romain, postcommunion du jeudi avant le 1° dimanche de carême, et du mercredi de la semaine de la Passion.