TRADITION DU CALICE
avait pris l’une des saintes huiles pour l’autre. Tout cela démontre qu’il ne faut pas considérer l’onction comme la caractéristique de l’ordination sacerdotale ; et l’on a tort de dire communément « l’onction sacerdotale » pour désigner lordination des prêtres : mieux vaudrait parler de « consécration sacerdotale », ce qui caractériserait exactement le rite essentiel de l’ordination et son effet.
Le rite de Ja tradition du calice garni de vin et d’eau, et de la patène contenant une hostie non consacrée, a suscité bien des discussions pour savoir si on doit ou non le regarder comme essentiel. L'Église latine a admis ce rite comme très expressif du pouvoir conféré aux prêtres d'offrir le saint sacrifice ; mais elle n’ignore pas que les églises orientales n’en font pas usage, et jamais elle ne leur en a fait le moindre grief : c’est qu’elle ne le considère pas comme une condition absolument indispensable pour assurer la validité des ordinations !, Il est bien démontré par la tradition que ce rite ne saurait être essentiel ; cependant, pour plus de sûreté l’Église oblige à réitérer sub conditione une ordination sacerdotale où l’on aurait omis la tradition des instruments ; de même, si elle avait été incomplète, le pain ou le vin faisant défaut.
L'introduction de ce rite a été plus tardive que celle de l’onction : comme le constatait Benoît XIV ?, on n’en connaît pas d’attestation antérieure aux pontificaux du Xe siècle ; les liturgies orientales, copte, syrienne, byzantine, n’en ont pas la moindre idée ; de plus, même en Occident où il est en usage, il n’a jamais fait l’objet d’une institution positive, m1 de la part d’un pape ni par décision d’un concile ; il paraît s’être introduit peu à peu, par l'initiative purement privée de prélats qui en appréciaient la valeur. Les scolastiques cependant le considérèrent comme beaucoup plus important que les onctions,
1. Cf. SYDNEY SMITH, S. J., Ordinations anglicanes. Dict. d’apologé-
tique, col. 1200-1204.