PONTIFICAL D’URBAIN VIII
Dans ces éditions de Clément VIII et Urbain VIII, trois formulaires du Ir livre, De officio Psalmistæ, Ad barbas tondendas, et le Scrutinium célébré jadis la veille de la consécration des évêques, sont rélégués à la fin du livre IIIe comme tombés en désuétude. Le rite de la profession monastique disparaît totalement, mais l’expulsion et la réconciliation des pénitents reparaissent au JIIC livre. Les additamenta de ce IIIe livre n’existent pas encore.
C’est l’édition que connut et commenta l’oratorien JOSEPH CATALANI : Pontificale Romanum … nunc primum prolegomenis et Commentarts 1llustratum, Rome, 1738. Il atteste que depuis Urbain VIII aucun pape, à sa connaissance, ne s’était plus permis de modifier en quoi que ce fût le Pontifical romain. Benoît XIII, qui prescrivit sa réimpression, défendit formellement de le corriger : cependant son édition de 172$ contient lPaddition d’une rubrique pour la confirmation, prescrivant Pimposition de la main droite pendant le Signo te … Benoît XIV crut bon, en 1752, de faire quelques additions. Sa bulle Quam ardenti promulgua le Pontifical, le Rituel et le Cérémonial des évêques.
Après un hommage rendu aux travaux de ses prédécesseurs, il reproduisait le texte des constitutions apostoliques relatives au Rüituel et au Cérémonial : ensuite les deux bulles de Clément VIII et Urbain VIII commentées plus haut, relatives au Pontifical. Puis il mentionnait les différents documents dont il permettait l’impression dans le Pontifical entre autres la bénédiction apostolique.
Les additions au III° livre n’ont été introduites que beaucoup plus tard. Dans sa réédition du Commentaire de Catalani !, Dom Guéranger dit qu’elles ne se rencontrent que dans les
1. J. CATALANI, Pontificale Romanum commentarüs ornatum, nova editio novis commentariis locupletata, 1850-1852, Paris, 3 vol. in-4°. — Édition préparée par DoM GUÉRANGER, avec la collaboration de Dom NicoLAs BRÉMON. Les notes de D. Guéranger sont insérées entre crochets dans le corps même du Commentaire.
éditions récentes !. Elles ne sont là du reste que pour la commodité des évêques ; elles ne contiennent aucune formule nouvelle.
En résumé, notre Pontifical romain représente encore l’œuvre de Piccolomini et du grand liturgiste Jean Burchard, soigneusement revue d’après les exemplaires authentiques du Pontifical des papes ; il représente surtout l’antique tradition romaine, enrichie il est vrai au cours des âges d’apports étrangers mais toujours contrôlés ; il offre un texte religieusement conservé où se traduisent de la façon la plus authentique la doctrine et la pratique constante de l’Église romaine, concernant les plus essentiels des rites pontificaux.