‹ Le pontifical romainChapitre 41 sur 240 · LES STATUTA · texte numérisé non relu

LES STATUTA

erroné de Ze Concile de Carthage s’est introduit par l’inadvertance d’un copiste qui, ayant rencontré les Sfatuta à la suite du véritable 4° concile de Carthage de 418 dans un manuscrit qu’il compulsait, les a confondus avec les actes de ce dernier. La preuve en a été fournie par les Ballerini dans leur édition de saint Léon !, puis par l’allemand (Mgr) Maassen dans son Histoire des sources du droit canon ?. C’est une collection de prescriptions canoniques anciennes empruntées à divers conciles étrangers en partie orientaux, d’où son nom de Séatuta antiqua Orientis qu’elle porte dans les collections canoniques italiennes ; et er partie occidentaux.

Les éléments gallicans et en particulier arlésiens y dominent ; ce n’est donc sûrement pas un concile africain ni une collection africaine, mais bien un recueil gallican et très probablement originaire d'Arles. Il est cité au concile d'Agde de 506 et plus tard dans certains conciles espagnols.

Dans sa Vie de saint Césaire d’ Arles, p. 50-62, M. Malnory (1894) * a démontré la vraisemblance de l’origine arlésienne et de l’appartenance à saint Césaire lui-même : ressemblances multiples de style, de tendances, etc. Il a dû composer le recueil au début de son épiscopat, peu après 503.

Des 102 canons qui le composent, seuls les n°5 90 à 98 et l’Introduction nous intéressent directement. Ces canons reproduisent les rubriques d’un antique ordo concernant les ordinations des prêtres et diacres, il n’y a pas de différences essentielles avec le rit romain primitif ; pour les ordres mineurs il y a au contraire beaucoup d’éléments étrangers à ce rite. Ce doit être une rédaction gallicane d’un ordo, romain d’origine, mais développé en Gaule.

Tous ces éléments romains-gallicans, augmentés dans le cours des siècles de beaucoup d’autres, également gallicans

LP IS LLVI, 103-107, 862, 879:

2. Die Geschichte der Quellen. d. canonischen Rechts im Abendlande, Gratz, 1870.

3. Cf. Congrès scientifique des catholiques, 1888, Il, p. 428-439.

sont passés dans notre liturgie par l’intermédiaire de l’Ordo d’Hittorp, ou pontifical du Xe siècle, qui lui-même les avait empruntés aux recueils gélasiens.

Autres sources anciennes à consulter : S. IsIDORE, De ecclesiasticis offictis, 1. II, c. 1-Xxv. P. L., LXXXIII. — AMALAIRE, De ecclesiasticis offictis, 1. IE, c. VI-xxvI. P. L., CV. — RHABAN Maur, De clericorum institutione. P. L., CVII. — REGINON DE PRUM, De ecclesiasticis disciphinis, 1. I, 386 et suiv. P. L., CXXXII. — HONORIUS D’AUTUN, Gemma anime, |. I, 175 et suiv. P. L., CLXxII. — YVES DE CHARTRES, Sermo de excellentia sacrorum ordinum. P. L., CLxI1.

Travaux et éditions de textes : MoRIN, Commentarius de sacris eccl. ordinationibus, 1. III. — DoM MARTÈNE, De antiquis Ecclesie ritibus, 1.1, c. 8, art. 11. — DoM CHARDON, Histoire des sacrements, dans le Theologiæ cursus completus de Migne, t. XX.— J.B. GATTICO, Acta selecta Cœremonialia S. Romane Eccl., Rome, 1753. — ASSEMANI, Codex liturgicus, t. VIII : Sacræ latinorum Ordinätiones, (réédition de l'ouvrage du P. Morin), 1755. — M. GERBERT, Monumenta vet. lit. alemannicæ, t. II. S. Blaise, 1777. — CATALANI, Pontificale romanum. commentariis illustratum, 1. 1 (nouv. éd., Paris, 1850). — Du- CHESNE, Origines du culte chrétien, ch. x. — MaANY, Prælectiones de sacra ordinatione, 1905. — ‘THALHOFER-EISENHOFER, Handbuch der Katholische Liturgik, t. II, I, ch. VI. — TIXERONT, L'ordre et les ordinations, Paris, 1925. — M. J. METZGER, Zwei karolingische Pontifikalien vom Oberrhein, Fribourg, 1914, p. 61-86.

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