In Foannem, tom. VI, 17. P. G., XIV
3. ANONYME, De rebaptismate, dans les œuvres de saint Cyprien, édAElarel Arr 74
le baptême ; ou encore comme un complément spécial, ajouté aux grâces du baptême : non que la régénération baptismale soit incomplète en elle-même, car elle est parfaite et suffisante, d’où le nom de to téerov, « le parfait, le complet », que les Pères grecs des quatre premiers siècles emploient couramment comme synonyme de ro houtedy ou vo Barrioua 1, — Cependant l’effusion de l’Esprit-Saint vient compléter ce qui existe déjà, en ce sens qu’elle en augmente la richesse, la dignité, la stabilité, la force.
Le Concile d’Elvire, ou Illiberis, vers 305-306, qui eut dans l'antiquité une très grande autorité, fait nettement ressortir ce lien des deux institutions. Il reconnait aux simples fidèles le pouvoir d’administrer le baptême en cas de nécessité, pourvu qu’ils aient leur baptême complet, — évidemment le baptême et la confirmation — et qu’ils viennent dans la suite présenter leurs néophytes à l’évêque pour qu’il leur confère le complément du baptême : ad episcopum eum perducat ut per manus impositionem PERFICI possit ?}. Même décision à propos des diacres qui ont le pouvoir ordinaire de baptiser en l’absence de l’évêque et du prêtre : S2 quis diaconus … aliquos baptizaverit, episcopus eos per benedictionem PERFICERE debebit. Et le Concile ajoute que si la mort survient avant la confirmation, le salut est cependant assuré au néophyte. Une expression identique à celle qu’emploie deux fois le concile d’Elvire se retrouve sous la plume de l’auteur du De Sacramentis (fin du IVe siècle) : « Après le baptême, il convient d’en recevoir l’achèvement dernier, superest ut PERFECTIO fiat. C’est ce qui s’accomplit lorsqu’à la prière que prononce l’évêque l’Esprit-Saint est répandu dans l’âme 5. » S. Ambroise parlait également dans son De Mysteriis (qui a servi de modèle au De Sacramentis) de cet effet spécial de la confirmation : Accepisti signaculum
spiritale, Spiritum sapientiæ et intellectus … signavit
I. Cf. p. ex. CLÉMENT D’ALEXANDRIE, Pædagog., 1, 6, 9. 2. Conc. d’Elvire, c. 38. MANSI, Conc., Il, 12. 3. De Sacramentis, 111, 8. P. L., XVI, 434.
te Deus Pater, CONFIRMAVIT ée Christus Dominus et
dedit pignus Spiritus in cordibus tuis….1 C’est l'expression qui s’est conservée dans l’usage latin : dès le Ve siècle elle est courante à Rome : on dit confirmare et confirmatio. Ce n’est cependant pas S. Ambroise qui l’a inventée. Il s’inspirait du texte de la Deuxième aux Corinthiens, 1, 21-22, où saint Paul énumère tous les éléments du sacrement de confirmation : le nom qui lui est resté, qui confirmat nos, l’onction mystérieuse, qui unxit nos Deus, le signe de croix qui l’accompagne, qui et signavit nos, enfin le don de l'Esprit, ef dedit pignus Spiritus in cordibus nostris. Saint Ambroise se référait précisément à ce texte dans le passage en question. Il avait sans doute aussi en mémoire le témoignage du grand docteur alexandrin, saint Didyme l’aveugle, auquel il a beaucoup emprunté. « La Très Sainte Trinité, enseignait Didyme, vient en nous aussitôt que nous avons reçu le baptême, et que le chrême est venu nous fortifier», xai TO ypioua fuon 2.
Saint Léon ({ 461) dira des convertis, baptisés déjà dans l’hérésie, qu’ils doivent simplement être « confirmés », selon le cérémonial ordinaire de l’invocation et de l’imposition des mains, sola invocatione Spiritus Sancti per impositionem manuum CONFIRMANDI SUNT*. Le concile d'Orange, de 441, appelle aussi couramment le sacrement par le nom qui a prévalu, in confirmatione. L’expression a remplacé toutes les autres en usage au cours des âges, parce qu’elle rend au mieux l’idée d’achèvement et de force inhérente à la grâce spéciale de la confirmation. C’est ce qui ressortira plus clairement encore de l’ensemble des rites et des formules. Il suffit pour l’instant d’avoir noté la dépendance mutuelle où sont le baptême et la confirmation et le lien qui unissait jadis l’une à l’autre dans la pratique constante de l’Église.