‹ Le pontifical romainChapitre 58 sur 240 · HITTORP · texte numérisé non relu

HITTORP

3. Cf. Ordo X, ou Ordinarius Pape : Ipse Pontifex imposita manu super capita singulorum dicat Orationem super eos cum invocatione septiformis gratiæ Spiritus Dei : Omnipotens sempiterne Deus. P. L., LXXVIII, 1016-1017.

daigné régénérer ces baptisés, vos serviteurs, par Peau et l’Esprit-Saint et leur avez accordé la rémission de tous leurs péchés ; envoyez-leur du haut des cieux votre Esprit septiforme, le saint Consolateur ! R7. Amen !

L’Esprit de sagesse et d’intelligence ! R}. Amen.

L’Esprit de conseil et de force ! R7. Amen.

L’Esprit de science et de piété ! R7. Amen.

Remplissez-les de l’Esprit de crainte de Dieu, et munissez-les du signe de la croix du Christ, qui par votre grâce puisse leur profiter pour la vie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. »

— Noter les réponses solennelles, véritables acclamations qui soulignent chacune des demandes relatives aux dons du Saint-Esprit, et témoignent de la très large effusion de grâces que l’on attend du sacrement.

L'autre formule est prononcée pendant l’onction, et revêt la forme positive et indicative, comme la plupart des formules sacramentelles dans notre liturgie actuelle ; elle est personnelle à chacun comme l’onction de chrême :

Signo te signo crucis et confirmo te Chrismate saluhis... « Un tel, Je te marque du signe de la croix et te confirme du chrême du salut, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Ces deux formules appellent des remarques analogues de tout point à celles que nous ont suggérées les rites de l’imposition des mains et de l’onction.

Sans aucun doute, la plus ancienne des deux est la première, qui accompagne l’antique imposition des mains ; elle repose sur des données scripturaires très certaines, interprêtées de la façon la plus authentique par la tradition.

Rappelons seulement le passage classique du livre des Actes, VIII, 15: Oraverunt pro ipsis ut acciperent Spiritum Sanctum. «Ils adressèrent à Dieu leur prière pour obtenir aux néophytes l’effusion de l’Esprit-Saint. »

Il suffit aussi de résumer la tradition attestée par la liturgie et les Pères, et de la caractériser par cette idée, commune à Tertullien et à saint Cyprien, « que l’Esprit-Saint est conféré aux néophytes par l’action de la prière et de l'imposition des mains.» Qu’il convienne de « demander » l’effusion des dons de l'Esprit, c’est ce qui est manifeste, dit saint Augustin : « nous pouvons la recevoir pour nous, mais non la procurer comme de nous-mêmes aux autres : nous ne pouvons que supplier le Seigneur d’accomplir cette merveille 1. »

Nous allons retrouver cette formule d’invocation dans tous les plus anciens documents liturgiques ; c’est essentiellement la même partout, et elle correspond à la description qu’en a fournie Tertullien, ce qui donne à croire qu’il la connaissait dérà. Tertullien dit per benedictionem invocans et invitans. Il y a donc deux choses dans la prière qu’il commente : une bénédiction ou action de grâces, et une prière ou 27vocation. Or, précisément les Canons d’Hippolyte, dont on a souvent remarqué la concordance exacte avec les indications de Tertullien pour tout l’ordo baptismi, contiennent la formule suivante affectée à l’imposition des mains :

Benedicimus tibi, omnipotens Domine Deus, quia hos dignos effecisti qui iterum renascerentur …. Da … etiam dopaËwve regni fui … (— Spiritum Sanctum, cf. IREDr 1022) 2

Or les deux éléments dont se compose cette formule, « bénédiction » ou action de grâces pour le baptême reçu et demande du don du Saint-Esprit, se retrouvent non seulement dans la formule de notre Pontifical, mais dans toute la tradition liturgique. L’un de ses plus anciens témoins donne à la formule même le terme de benedictio. C’est un écrivain arien, mais qui mentionne l’usage catholique : In benedictionibus suis dicunt : « Deus et Pater Domini Fesu Christi qui te

Page 1