DUCHESNE, Origine du culte chr., Appendice
regeneravit ex aqua, ipse te linet Spiritu Sancto. ! » La même pensée est exprimée, bien qu’en termes différents, dans tous les rites, les gallicans aussi bien que le romain, les orientaux non moins que les latins. La forme si caractéristique de Pincipit : Benedictus es Domine…., se retrouve même de nos jours encore chez les Byzantins et les Syriens.
Ce thème de la prière solennelle employée à la confirmation est sûrement primitif puisqu'il se rencontre dans routes les liturgies ?. Il formule la demande expresse adressée à Dieu en vue d’obtenir la mission du Saint-Esprit, mais 1l commence par rendre grâces pour le don déjà complet de la régénération baptismale ; l’Église confesse par là-même, que l’effusion spéciale de l'Esprit, sollicitée par elle de la clémence divine, constitue une grâce nouvelle toute spéciale : le sacrement de confirmation est ainsi expressément distingué du baptême.
Notre formule latine exprime très nettement ces deux éléments, action de grâces et prière. Elle est ancienne, attestée qu’elle est par le sacramentaire de S. Gélase, mais il semble qu’autrefois elle était plus concise, et se rapprochait beaucoup des paroles qui accompagnent aujourd’hui l’onction donnée aux nouveaux baptisés aussitôt après leur baptême, onction qui n’est du reste qu’un dédoublement de celle de la confirmation :
Deus qui te regeneravit … ipse te liniat chrismate salutis.
Ces simples mots rappellent l’antique formule latine de « bénédiction » indiquée par l’anonyme arien du IVe siècle comme étant celle des églises fidèles à la foi de Nicée, Deus qui te regeneravit … ipse te linet Spiritu Sancto.
La seconde formule de notre Pontifical accompagne l’onction
I. ANONYME ARIEN de la fin du IV® siècle. P. L., xI11, 611. — J. MERCATI, Antiche reliquie liturgiche, dans Studi e testi, Rome, 1902, VI, 47, 52.
2. Cf. Dict. d’arch. et de liturgie, art. CONFIRMATION, col. 2534-2537.
du saint chrême ; elle a profité de la faveur croissante dont a joui cette onction au cours des siècles. Elle est absolument essentielle et constitue la vraie forme du sacrement.
Il est vrai de dire pourtant qu’elle n’a pas pour elle, quant à sa teneur actuelle, les témoignages concordants de la tradition. Tandis que la prière d’invocation se retrouve en substance partout la même, la formule de l’onction varie à l’infini, et cela jusqu’à une époque très avancée. Elle a cependant de très anciennes attestations, puisqu'elle appartient déjà à la Tradition Apostolique, où elle paraît sous la forme : Ungo te sancto oleo in Domino Patre omnipotenti et Christo Tesu et Spiritu Sancto.
Les Byzantins ont simplement extrait de leur formule d’invocation, l’acclamation suivante : « Zopayis duwpeac ToÙ &ytou [vebuuros. C’est le sceau du don que confère l’Esprit- Saint ! » —
À Rome on exprimait également sous forme d’acclamation la prière d’onction : Signum Christi in vitam æternam | et certains textes indiquaient simplement les paroles : In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti ?. Le sacramentaire grégorien n’en contient aucune. Dans les manuscrits du moyen âge, Sacramentaires, Pontificaux et Ordines, règne la plus grande variété 5.
L’Ordo romanus antiquus dit simplement : Confirmo te in nomine Patris … Mais notre formule complète, Signo te … est consignée dans l’Ordinarius papal4 dès le Xe siècle.
Le Pax tecum qui suit est le dernier souvenir qui nous reste du baiser de paix que l’évêque donnait au nouveau baptisé après sa confirmation : Et consignans in frontem offerat osculum