‹ Le pontifical romainChapitre 7 sur 240 · P. L., LXxvII, 1187. — Mon. Germanie, Epp · texte numérisé non relu

P. L., LXxvII, 1187. — Mon. Germanie, Epp

prouve abondamment. Ainsi, lorsque aux environs de l’an 800, Charlemagne introduisit, ou du moins rendit obligatoire, l'emploi du missel alors en usage à Rome, pour en mieux assurer l’adoption il fit composer un supplément officiel au livre romain, supplément où se trouvaient groupées nombre de formules en faveur dans les églises franques, et provenant en partie de leurs anciennes liturgies. Un procédé analogue avait inspiré les rédacteurs des sacramentaires du VIII siècle, où l’on surprend déjà la volonté de se conformer aux livres romains de l’époque, mais où les éléments gallicans sont beaucoup plus nombreux. Enfin on a la preuve que, dès la fin du VII siècle, le zèle des églises franques pour la liturgie romaine avait amené l'introduction en France de lantique sacramentaire romain. Un manuscrit, écrit à cette époque en France et pour une église franque, nous l’a conservé, mais tout imprégné lui aussi d'éléments de saveur franchement gallicane : c’est le sacramentaire gélasien, dont il sera question plus loin.

En dépit de ces nombreuses modifications introduites du VIII au Xe siècle, dans les textes romains, il se trouve, par un ensemble curieux de circonstances, que seuls, ou à peu près, les documents carolingiens nous font connaître les traditions liturgiques de Rome. Ceci vient du fait qu’il n’existe plus de manuscrits anciens vraiment romains ; mais dans une très large mesure les documents d’origine française et germanique suppléent heureusement à cette lacune.

Un mot de ces anciennes traditions romaines avant d’entrer dans le détail. Il est à noter que jusqu’à une époque assez avancée elles sont anonymes : il suffit, pour les recommander à la vénération des Églises, qu’elles soient romaines. Le plus ancien recueil connu, que nous trouvons en France au VII et au VIIIE siècle, porte simplement le titre de Liber sacramentorum Romane ecclesiæe (quelquefois Liber sacramentorum tout court). Plus tard au contraire le texte romain se recommande

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