LE DON DU SAINT-ESPRIT
fical romain où sont énumérés les sept dons du Saint-Esprit. Mais il faut préciser, le langage de la liturgie est très net. Ce qu’on demande, en effet, ce ne sont pas seulement les dons du Saint-Esprit, mais la présence du Saint-Esprit lui-même, présence qui entraîne après elle la collation des dons, mais en est essentiellement distincte : car il ne faut pas confondre le don incréé du Saint-Esprit avec les dons créés qu’il produit dans l’âme.
Emitte in eos Spiritum tuum Sanctum Paraclitum.…
On demande une mission spéciale et nouvelle du Saint- Esprit : in eos, dans des âmes baptisées, susceptibles par conséquent de connaître et d’aimer le don qui leur est fait !. Ce don incréé, cette mission implique un nouveau mode de présence de la personne donnée et envoyée, dans l’âme raisonnable : non pas présence quelconque, mais présence réelle et substantielle. Qu’on se rappelle en effet que Dieu est présent substantiellement en toute créature en tant qu’il y agit constamment ; et que cette présence substantielle est tout spécialement intime et profonde dans l’âme régénérée, parce que Dieu y opère des effets beaucoup plus merveilleux que dans les créatures privées de raison.
Cette présence spéciale de Dieu un et trine est assurée à l’âme par le baptême, car la régénération y est complète, Padoption divine est définitive, et aucun obstacle ne s’oppose plus à l’inhabitation du Seigneur dans le temple intime de lâme : Ad eum veniemus et apud eum mansionem faciemus (Foann., XIV, 23).
Mais cette présence, cette inhabitation est susceptible d’une multitude de degrés ; chaque augmentation de grâce marque un accroissement dans cette intimité ; or, à chaque accroissement correspond, selon la doctrine théologique, une nouvelle mission de l'Esprit sanctificateur. C’est une de ces missions
1. Cf. I Cor., VI, 19 : Membra vestra templum sunt Spiritus sancti, qui in vobis est.
très spéciales qui est regardée comme l’effet de la confirmation, comme elle a fait l’objet de la Pentecôte : elle est appelée à rendre plus profonde, plus intime et plus efficace la présence de lEsprit-Saint dans l’âme. Mais elle a ceci de particulier qu’elle constitue un don sacramentel, infaillible par conséquent; et, de plus, permanent, en vertu du caractère attaché au sacrement de confirmation comme à celui du baptême.
D'autre part, nous savons déjà que si l’on parle de don spécial du Saint-Esprit et d’inhabitation nouvelle et plus intime du Saint-Esprit dans l’âme, ce n’est pas qu’on exclue les deux autres personnes de la Sainte Trinité. Le don (non toutefois la mission, spéciale aux personnes qui procèdent) est commun aux trois personnes, de même la présence dans l’âme. En sorte que, en réalité, la grâce particulière de la confirmation est un don nouveau et plus complet par lequel Dieu un et trine se donne lui-même à l’âme, par conséquent une nouvelle présence de Dieu dans l’âme, présence permanente et durable qui produit une augmentation de justice et de sainteté,
qui communique surtout à l’âme de nouvelles énergies surnaturelles en vue d’actes plus nobles, énergies spéciales que la confirmation vient ajouter aux vertus infuses déjà par le baptême.
Ces dons en effet sont demandés dans la formule du Pontifical et leur énumération est donnée d’après les paroles d’Isaïe (1x, 1-3), dont l’application au sacrement de confirmation paraît dès l’époque de saint Ambroise 1. — Jn his doms, dira plus tard saint Grégoire le Grand, Sprritus Sanctus in electis omnibus semper manet, « c’est par ses dons que le Saint- Esprit se montre toujours présent dans les âmes des justes 2, » C’est par ses dons que l’Esprit de Dieu agit vraiment en nous et nous fait agir, comme le dit saint Augustin à propos du texte
1. De Mysteriis, VIIt, 42 3; cf. de Sacramentis, III, 8. 2. S. GRÉGOIRE, Moraha in Job, 1. II, 28.