‹ Le pontifical romainChapitre 8 sur 240 · TRADITIONS ROMAINES · texte numérisé non relu

TRADITIONS ROMAINES

du nom de SAINT GRÉGOIRE. Mais il n’en faudrait pas conclure qu’il fût tout entier l’œuvre de saint Grégoire. Peut-être même y a-t-il contribué moins qu'aucun des papes ses prédécesseurs. Son travail a surtout consisté à mettre en ordre et à élaguer ; il avait en mains les textes en usage avant lui à Rome ; son biographe du IX siècle nous dit qu’il eut à retrancher beaucoup, à modifier la disposition en vue de la clarté, mais qu’il ajouta fort peu.

Vraisemblablement les traditions romaines primitives avaient été déjà l’objet d’une codification semblable dès le VE siècle, vers l’époque du pape SAINT GÉLASE (f 496). Son nom est resté attaché à cette œuvre, bien qu’il ne paraisse pas dans le titre des sacramentaires. Le Liber pontificahs supplée à leur silence, il dit qu’il composa des préfaces et autres prières liturgiques. Quoi qu’il en soit, il ne fit lui-même que réunir en collection, en y ajoutant du sien, les formules composées par ses prédécesseurs, représentant bien par conséquent la tradition romaine. Quelques-unes portent l'empreinte indéniable du style de SAINT LÉON. D’autres ont pu être imitées de lui ; beaucoup lui sont certainement antérieures, quelquesunes peuvent dater des siècles de persécutions.

Certaines formules usitées dans l’administration des sacrements, quelques-unes des prières du canon de la messe et quelques oraisons communes pour la liturgie du dimanche et peut-être pour les anniversaires de martyrs locaux, existaient déjà avant la paix de l’Église. Dès les premiers âges, la liturgie de nos « Sacrements » paraît être fixée dans les grandes lignes, bien avant que le calendrier des fêtes ne se soit développé et que le nombre des messes se soit accru avec celui des solennités. De ces usages tout à fait primitifs se conservent encore des traces très vivantes, aussi bien dans notre Pontifical que dans la liturgie de la messe.

C’est le cas particulièrement des ordinations et de la consécration épiscopale, qui se trouvent décrites en détail dans un document très ancien, auquel on donnait jusqu’ici les noms

qu’il porte dans les traductions, de Constitution et de Statuts des Apôtres. On l’a identifié récemment avec un écrit authentique de SAINT HIPPOLYTE de Rome !, et on est d’accord à le citer désormais sous son vrai nom de Tradition apostolique. Il en existe une antique traduction latine dans un manuscrit palimpseste de Vérone ?, et différentes adaptations en différentes langues orientales, comme les Canons d’Hippolyte #, les Constitutions apostoliques et le Testament de Notre-Seigneur. La Tradition apostolique a pour nous un intérêt tout particulier, puisqu’elle représente l’usage romain au III siècle, et qu’elle a été rédigée par l’évêque saint Hippolyte avant l’année 235. Elle comprend les rites du baptême et de la confirmation et des ordinations 4, et formule au sujet de ces dernières des prescriptions qui se lisent encore dans notre Pontifical.

1. DoM R. H. CoNNoLLY, The so-called Egyptian Church order and derived documents, dans les Texts and Studies, VIII, 4. Cambridge,

2. E. HAULER, Didascaliæe Apostolorum fragmenta Veronensia latina,

3. MGR. D'UCHESNE, Origines du culte chrétien : Le document est reproduit en appendice.

4. Cf. TH. SCHERMANN, Ein Weiherituale der rômischen Kirche am Schlusse des erstens Fahrhunderts, Munich, 1913.

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