‹ Le pontifical romainChapitre 87 sur 240 · De eccles. officiis, 1. II, IV · texte numérisé non relu

De eccles. officiis, 1. II, IV

et au IX® siècle surtout, on ait cru pouvoir attribuer l’origine de la tonsure sous forme de couronne aux apôtres eux-mêmes, et à saint Pierre en particulier, il y a tout lieu de croire qu’elle est plus récente. On a évidemment confondu cette tonsure, — en usage sûrement à partir du VII siècle — avec un autre genre de tonsure beaucoup plus ancien qui consistait simplement à porter les cheveux courts. Un décret antique que le Liber pontificalis attribue au pape saint Anicet (f 166), prescrivait aux clercs de ne pas soigner leur chevelure, uf clerus comam non nutriat; et le second rédacteur ajoutait secundum præceptum Apostoli, « conformément au conseil donné par saint Paul aux hommes en général, de ne pas entretenir une longue chevelure » (I Cor., x1, 14). Saint Jérôme mentionne la même prescription. Il ne faut pas, dit-il, que les clercs se rasent complètement la tête comme les prêtres des païens, mais il leur est interdit de porter les cheveux longs comme ceux

qui vivent dans le luxe chez les barbares et les guerriers {. Ainsi porter les cheveux courts était une marque distinctive, quoique non exclusive, des clercs et des moines?, Aux premiers siècles, il n’y eut pas, semble-t-il, d’autre forme de tonsure. L’habitude de laisser une couronne de cheveux non coupés apparaît cependant dès le VIe siècle, comme en témoignent les fresques et les mosaïques des basiliques romaines ÿ, et les célèbres mosaïques de l’église Saint-Apollinaire, à Ravenne. Saint Grégoire de Tours connaissait évidemment cet usage, puisqu'il raconte que saint Nicetius de Trèves, né à la fin du V® siècle, était venu au monde avec une couronne de cheveux à la façon des clercs, ut putares ab eisdem coronam clerici fuisse designatam*. Le IV® concile de Tolède de 633, canon 41, en fit une obligation pour tous : wi omnes clerici vel lectores sicut levitæ et sacerdotes, detonso superius

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