‹ Le pontifical romainChapitre 91 sur 240 · Ordo rom. antiquus du X® siècle · texte numérisé non relu

Ordo rom. antiquus du X® siècle

blanche, et prenaient de préférence des teintes sombres. Rien ne les distinguait par conséquent des laïcs, sauf, jusqu’à un certain point, la tonsure ou cheveux courts. En 428, le pape saint Célestin écrit encore aux évêques de Gaule : Discernendi a plebe vel ceteris sumus doctrina, non veste; conversatione, non habitu; mentis puritate, non cultu?. À cette époquelà, il ne pouvait donc être question de recevoir un habit spécial au moment d’entrer dans la cléricature, puisque cet habit n’existait pas.

Ce ne fut qu’au temps des invasions barbares que, les laïcs adoptant les modes des conquérants, braies et tuniques courtes, les clercs commencèrent à se distinguer d’eux par le fait tout simple qu’ils restèrent fidèles aux anciens vêtements : tuniques longues, dalmatique, casula ou planeta. À la fin du VIS siècle, on en faisait une obligation aux clercs, ainsi qu’il est dit au IIe concile de Braga de 572, et qu’il ressort nettement de la correspondance de saint Grégoire le Grand (f 604). Peut-être notre ordo ad clericum faciendum ne remonte-t-il guère plus haut que cette époque.

Pourtant l’habitus religionis auquel il est fait allusion dans la formule semble lui donner une origine plus ancienne ; car il signifie proprement l’habit monastique. Or, il est sûr que l’usage d’un habit spécial aux moines est bien antérieur à l’adoption d’un habit clérical différent des habits des laïcs. Il date du IV® siècle au moins, soit en Asie mineure et en Syrie, soit en Égypte ; il s’introduisit avec le monachisme en Occident : saint Benoît atteste que c’est à son époque une règle constante ?.

Déjà la lettre citée plus haut du pape Célestin avait pour objet de dissuader les évêques de Gaule de se distinguer en portant l’habit monastique, comme c'était la coutume assez fréquemment. On se rappelle l’exemple de saint Martin *,

Page 1