SIGNIFICATION DES RITES
C’est vous, Seigneur, qui me faites entrer en possession de mon héritage ! »
Dans le cas présent, c’est le Seigneur lui-même qui se constitue « l’héritage » de l’âme, au moment où elle se donne à son service, et c’est pourquoi l’Église confère au nouveau tonsuré le titre de clerc, clericus. Originairement clerus, comme le mot grec correspondant xAñpoc, signifie le sort, et par extension la part (d’héritage) attribuée par le sort, ou une fonction spéciale désignée par un mode analogue. (Cf. Act., I, 17, 25, 26.) Le clerc, clericus, est celui qui reçoit cette part ou cette fonction ; dans la langue ecclésiastique, le clerc est celui qui a Dieu pour partage ; de par sa promotion, il figure de droit dans les fonctions sacrées et devient membre du clergé. Au VIE siècle, à Rome, le nom de clercs, clerici, s’étend à tous les dignitaires inférieurs de la hiérarchie, jusqu'aux sousdiacres inclusivement !.
La tonsure et la vêture cléricale sont donc ce qu’elles ont toujours été, le signe extérieur et officiel de l’appartenance à la hiérarchie ecclésiastique, et leur réception est comme jadis le moyen d’entrer dans les rangs du clergé. Elles impliquent un double élément de doctrine qui offre tout un programme de vie surnaturelle : il y a, comme au baptême, comme dans la profession religieuse elle-même,
un renoncement au monde,
une promesse de suivre le Christ, il y a dépouillement du siècle et des superfluités du monde, symbolisées par la chevelure ; il y a renoncement au vieil homme pour revêtir l’homme nouveau et porter les signes de l’appartenance au Maître que l’on a choisi.
Nul n’a mieux expliqué que saint Jérôme le vrai sens de la cléricature : son enseignement repose sur les textes mêmes dont notre Pontifical fait l’application à la cérémonie de la tonsure. Nous ne pouvons donc mieux faire que de le