CHAPITRE V
Le port de La Rochelle pendant la guerre
de 1914-1918
La guerre arrêta l'exécution du programme de travaux prévu par la loi du 21 avril 1914. Malgré tout, le port fut, durant la guerre, d'une grande utilité grâce à sa situation naturelle qui rendait son accès facile et sûr. |
Au début de la guerre, La Pallice fut un des points désignés pour le débarquement des réfugiés évacués par mer de la Belgique et du Nord de Ia France. Le trafic commerçant se maintint, d'autre part, fort actif pour satisfaire aux besoins sans cesse accrus de la Défense Nationale: Le port de La Rochelle-Pallice a reçu pendant ja guerre (1) :
En En En En En
Hier
Navires Tonnage de jauge Tonnage Marchandise
L'augmentation du trafic en 1918 sur le chiffre de 1913 est de. l’ordre de 70 %, ‘le trafic marchandises ayant passé de 1.026.584 tonnes en 1913 à 1.688.645 tonnes en 1918.
Les marchandises importées consistaient principalement en ma-
(1) Cité par POUSSON et VERT : La Rochelle, ses industries, ses ports.
tériel de guerre, céréales, matières premières de toutes sortes et plus particulièrement essences et pétroles.
En 1917, l’Etat-major américain choisit La Pallice comme emplacement d’une de ses bases de débarquement en France. On évalue à 800.000 tonnes environ le matériel de toute nature et les denrées destinés à l’armée américaine qui y furent reçus de novembre 1917 à juin 1919 : fers et aciers pour la fabrication d'obus et de canons, tôles ondulées, fils de fer barbelés, matériel de transport de toute espèce, matériel de chemin de fer; céréales (blé, orge, maïs, riz, manioc); 173.000 chevaux et mulets en provenance de l’Australie et de l’Amérique du Sud.
La Marine Nationale y créa une base maritime, car Rochefort, au milieu des terres (2) ne pouvait pas être utilisé efficacement. Il y fut installé un centre chargé de surveiller les côtes de la Gironde à la Loire: des mouilleurs de mine, des sous-marins, des torpilleurs, des contre-torpilleurs et des chasseurs de sous-marins y furent basés. Sur les terres pleins de l'écluse avaient été construits des hangars pouvant abriter une trentaine d’hydravions.
La Pallice redevint un des points où, comme autrefois, se formèrent les convois de navires marchands lorsque la circulation isolée fut
interdite sur les mers; près de 8o cargos s’y trouvèrent parfois réunis ensemble.
La guerre n’avait pas fait oublier complètement les améliorations prévues. Un décret du 27 décembre 1916 prononça la déclaration d'utilité publique des travaux d’allongement du bassin à flot de La Pallice, de 150 mètres vers l’Est. La dépense, évaluée à 2.500.000 francs devait être supportée pour les deux tiers, c’est-à-dire pour 1.650.000 francs, par la Chambre de Commerce.
En mai 1918, à la demande de la Commission des Pétroles, fut
(2) Rochefort, sur la Charente, est à 12 kilomètres de la mer,
aussi commencé par l’entreprise Hersent, le creusement de la souille pour pétroliers le long de la jetée Nord prévue dans le plan de travaux de la loi du 21 Avril 1914.
Une fois les hostilités terminées, les projets d'aménagement du port furent repris, mais durent être profondément modifiés pour tenir compte de nécessités nouvelles.
C'est ce que nous allons étudier dans une deuxième partie.