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II. — DESCRIPTION DES OUVRAGES DU PORT DE LA ROCHELLE-VILLE

Le havre d'échouage a une superficie de 32.900 mètres carrés

et offre à la navigation 752 mètres de quai. Le bassin intérieur a une

superficie de 13.500 mètres carrés et offre 307 mètres de quai utilisables. Il ouvre directement sur le havre d’échouage. Le bassin extérieur, ouvert aux navires de commerce de moyen tonnage et aux chalutiers a une superficie de 50.000 mètres carrés. Ses quais ont un développement de 1.250 mètres. Il peut recevoir des navires d’un tirant d’eau de 4 mètres 8o en mortes eaux et de 6 mètres 40 en vives eaux. Les ouvrages qu’il possède lui permettent d'accueillir des navires de 110 mètres de long et de 16 mètres de large. Le bassin extérieur ouvre directement sur un avant-port remarquablement abrité et qui est lui-même en communication avec la baie de La Rochelle, baie traversée par un chenal de 120 mètres de large creusé à travers les restes de l’ancienne digue de Richelieu.

Tous ces ouvrages sont munis d’un outillage moderne que nous étudierons dans le chapitre réservé à cet effet.

A la veille de la guerre, la loi du 21 avril 1914, dont nous avons examiné précédémment les modalités (2), avait prévu tout un programme d'amélioration et d'extension destiné à faire du bassin de La Pallice, le grand port français de la côte Ouest. Sa situation naturelle privilégiée fut encore renforcée par l'ouverture en juillet 1914 du canal de Panama au trafic mondial. La Rochelle se trouve

(2) Cf. Première Partie, Chapitre IV.

être la ville d'Europe la plus proche de Colon, qui, en Amérique Centrale, est situé au débouché atlantique du canal. Elle en est distante de 4.534 milles marins (3), tandis que Pauillac, à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde en est à 4.566 milles marins (4).

La guerre survenant, la mise en application de la loi du 21 avril 1914 Se trouva nécessairement retardée. Durant toutes les hostilités, le trafic intense qui transita par La Rochelle-Pallice, montra les possibilités de développement du port et la nécessité de nouveaux aménagements. Nous avons du reste vu que quelques améliorations urgentes avaient été entreprises dès avant 1918. Mais l’ancien programme de 1914 ne S’adaptait plus aux exigences nouvelles et l'importance relative des travaux à effectuer avait varié.

Une décision du Ministre des Travaux Publics, en date du 22 Mars 1919 nomma une commission chargée de fixer les bases du nouveau programme de travaux à effectuer pendant une période de vingt ans au port de La Rochelle-Pallice dans l’avant-pori et le bassin, ainsi que la création au large d’un nouvel ouvrage d’escale « accessible aux plus grands navires en mettant à profit les grandes « profondeurs et les conditions nautiques exceptionnellement favora- « bles que présente la rade de La Pallice ». :

La Commission classa les travaux à exécuter en huit groupes suivant trois degrés d'urgence.

Opérations de première urgence

Groupe I. — Allongement du bassin à flot. .

Groupe II. — Transformation de la jetée Nord en quai de marée ; Amélioration du bassin dit « des pétroliers » ; Creusement d’une souille le long de la jetée Nord et agrandissement de la souille de l’appartement ;

(3) 8.306 kilomètres.

(4) 8.456 kilomètres,

Construction d’un pont mobile sur l’écluse; Construction d’un brise lame.

Groupe III. — Construction au large du port actuel d’un quai d’escale de 600 mètres de longueur pour navires de dix mètres de tirant d’eau et viaduc d'accès.

Opérations de deuxième urgence

Groupe IV. — Construction de 300 mètres supplémentaires du quai d’escale.

Groupe V. — Rescindement des musoirs des deux jetées de l’avantport ;

Transformation de la jetée Sud en quai de marée; Construction à la côte — 10 d’une souille au pied de

cette jetée ; Creusement de l’ensemble de l’avant-port à la côte eue re Groupe VI. — Approfondissement à la côte — 12 au droit des 500

derniers mètres Sud du quai d’escale et dans le chenai de raccordement avec les grands fonds de la rade.

Groupe VII. — Construction d’un engin de radoub pour de grands navires.

Opérations de troisième urgence

Groupe VIII. — Eventuellement construction d'un nouveau bassin au Nord du port actuel.

La loi du 21 Juillet 1923 adopta définitivement ce nouveau programme d'amélioration et d'extension du port. Elle prit acte également des engagements financiers souscriis par la Chambre de Commerce pour la réalisation immédiate des travaux de première urgence.

Actuellement, toutes les améliorations classées en première urgence sont terminée: ou en cours d'exécution. Nous allons examiner

rapidement les conditions dans lesquelles elles ont été entreprises, en réservant pour l’étudier dans un paragraphe spécial la construction du môle d’escale et les combinaisons financières que la Chambre de Commerce a fait accepter aux Pouvoirs Publics.

Le groupe I prévoyait l'allongement sur 150 mètres vers l’Est du bassin à flot. L'entreprise Richard et Legay, de 1920 à 1922 exécuta un premier lot de travaux qui comprenait le dérasement des terrains nécessaires à l'allongement du bassin, la déviation de la route nationale n° 22 de La Rochelle à La Pallice et l'établissement d'une nouvelle plate-forme pour les voies ferrées de liaison de La Rochelle à La Pailice. Mais le coût des travaux dépassa de beaucoup les prévisions. Îls ne devaient revenir qu’à 7.900.000 francs et la Chamb’e de Commerce constata en 1924 qu'il faudrait compter sur une dépense totale de 11.460.000 francs.

La crise économique de l'après-guerre amenant un certain ralentissement du trafic et le môle d’escale devant employer toutes les disponibilités financières, elle décida de surseoir à l’adjudication des travaux du deuxième lot qui devaient permettre de terminer l’allongement du bassin. Cette adjudication n’est pas encore intervenue aujourd’hui.

Les travaux du groupe II sont entièrement terminés. Le creusement d’une souille de 300 mètres de long, de 30 mètres de large avec plafond à la côte — o au pied de la jetée Nord ainsi que l’agrandissement de la fosse existant au pied de l’appontement des pétroliers portée à 130 mètres de long, 25 mètres de large avec plafond à ja côte — 7 furent achevés par l’entreprise Hersent en novembre 1021.

L'entreprise Dodin fut chargée, par une adjudication du 3 mars 1922, de la réfection du platelage de l’appontement des pétroliers.

L'entreprise Joly, d'Argenteuil fut chargée, à la suite d’un concours, par décision ministérielle du 29 Octobre 1921, de la construction sur l’éc'use d’accès du bassin à flot d’un pont tournant à manœuvre électrique terminé en 1924. :

La transformation de la jetée Nord en quai de marée comportant

la construction d’un terre-plein de 125 mètres de large en arrière de la jetée Nord avec ses ouvrages de protection et la construction d’un masque en maçonnerie. devant la jetée pour la rendre accostable fut adjugée à l’entreprise Bonabeau et terminée en 1926.

La transformation en brise lame de la chambre d’épanouissement de l’avant-port, adjugée en 1024, est elle aussi actuellement terminée.

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