‹ Le Port de La Rochelle-PalliceChapitre 27 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les ressources économiques naturelles

de l'arrière pays du bort de La Rochelle

La Rochelle est le port de la 7° région économique plus généralement appelée Centre-Ouest. Le Centre-Ouest est assez limité au Nord et au Sud par la Loire et la Gironde : les produits des régions traversées par ces fleuves aboutissent tout naturellement vers les deux grands ports qui sont au débouché de leurs estuaires : Nantes et Bordeaux. Le Centre-Ouest s'étend en profondeur jusqu'aux premiers contreforts du Massif Central. C’est un pays essentiellement agricole. Peu de matières premières pour l’industrie et partant, les grandes villes y seront rares. Les produits manufacturés et les matières premières sont en quantité insuffisante pour fournir à la navigation un fret de retour suffisant. Le manque de marchandises lourdes oblige les cargos qui font le trafic avec La Rochelle-Pallice à repartir sur lest la plupart du temps; c’est un gros handicap pour le développement futur du port. Ses deux rivaux immédiats ont pris, d'autre part, une avance considérable au cours du XIX'° siècle et ont détourné à leur profit un certain nombre d'activités qui leur assurent des éléments de trafic suffisants.

Quoiqu’il en soit, les avantages et les facilités offertes par la situation géographique exceptionnelle du port de La Rochelle-Pallice lui permettent de supporter la concurrence de ses voisins d’une façon assez satisfaisante. Des industries nombreuses et prospères se sont établies à La Rochelle ou aux environs immédiats et les facilités de communication sans cesse accrues avec le Centre de la France et les pays de l’Europe Centrale lui permettent d’escompter à une époque où la vitesse est une des conditions primordiales du succès, un développement harmonieux du port et de ses possibilités.

L'examen d’une carte du Centre-Ouest de la France montre, nous l’avons dit, le caractère essentiellement agricole de cette contrée. Pas de grandes villes industrielles, Limoges exceptée, mais une grande quantité de petites villes et de grosses bourgades. La population n’est en aucun point très dense. |

Les principales marchandises destinées à l'exportation étaient autrefois le sel et le vin. De nos jours l’industrie des marais salants a périclité devant la concurrence des mines de sel gemme. La production du sel naturel est tombée dans la région à un chiffre insignifiant et cette industrie n’est plus pratiquée que par quelques paludiers, notamment dans les îles de Ré et d'Oléron.

La production du vin et des eaux-de-vie avait presque entièrement disparu à la suite de l'invasion du phylloxéra à la fin du XIX° siècle. Le vignoble charentais n’a pas été depuis entièrement reconstitué. Malgré tout, les Charentes sont restées un centre renommé pour la production de l’eau-de-vie et en particulier du cognac. La plus grosse partie des eaux-de-vie fabriquées est destinée à l’exportation et celle-ci se fait soit par Bordeaux, soit par La Rochelle. Mais là encore depuis la guerre, les débouchés se sont raréfiés. La prohibition et les barrières douanières ont fermé bon nombre de marchés et en particulier celui des Etats-Unis.

Les autres produits agricoles ne fournissent aucun élément du trafic d’exportation : les céréales, bestiaux, produits de l'élevage : beurres, caséines, lait et fromages, les fruits, les bois, etc... sont consommés et transformés sur place, ou expédiés par chemin de fer vers Paris et l’intérieur de la France. Nous ne nous en occuperons pas d’une manière plus approfondie dans une étude consacrée au port de La Rochelle-Pallice.

L'activité du port qui n’est pas alimentée par des ressources locales est assurée au contraire, par des industries qui sont venues s’y établir récemment et qui utilisent les produits et matières premières importées. Mais avant de les étudier séparément plus en détail, nous

devons faire une place à part à l’activité de La Rochelle en tant que port de pêche.

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