CHAPITRE V
Le port des engrais (chimique ou nalurels)
Les importations d'engrais ont pris au XX° siècle une grosse importance, le port de La Rochelle desservant un arrière-pays agricole riche qui en fait une grosse consommation. Ils sont expédiés plus spécialement vers les départements de la Vendée, des Deux-Sèvres, du Maine-et-Loire, de l’Indre-et-Loire, de la Vienne, de la Haute- Vienne, de la Charente et de Ta Charente-Inférieure.
Autour du bassin de La Pallice se sont établies des usines qui opèrent la transformation des engrais pour les rendre utilisables en agriculture, ou en tirent des acides pour des usages industriels.
Les principales importations portent sur des pyrites en provenance d’Espagne ou du Portugal, des phosphates importés de Tunisie, d'Algérie ou du Maroc et des nitrates de soude du Chili utilisés tels quels en agriculture.
Un certain nombre de produits nouveaux sont venus s’y ajouter depuis la guerre : nitrates de chaux, sulfates de chaux, sulfates d’ammoniaque. je
Les pyrites et les phosphates arrivent généralement par chargements complets. Les grues électriques avec benne automatique du bassin de La Pallice permettent une vitesse moyenne de déchargement de 1.000 à 1.200 tonnes par journée de huit heures.
Les sulfates d’ammoniaque arrivent en vrac par cargaisons de 1.800 à 2.000 tonnes. Ils sont déchargés et stockés en magasins : ils y Sont ensachés et pesés avant d’être réexpédiés. Les nitrates de chaux arrivent en sacs ou en fûts.
Le guano de poisson en provenance de Scandinavie est amené par pêtites quantités par les navires des lignes régulières.
Il a été importé par La Rochelle ces dernières années : Sulfates
Pyrites Phosphates Nitrates de soude . d'ammoniaque 1926 45,909 tonnes 103.847 tonnes 13.385 tonnes 1927 42.69 )» 92,286 }» 102081 2) 12.500 tonnes 1928 31.431 62.582 )» 36.080 » 8.500 )»
Les usines à l'aide de ces différentes matières premières fabri-quent pour l’industrie de l'acide sulfurique, de l’acide azotique, de l'acide chlorydrique à tous les degrés de concentration, et pour l’agriculture des superphosphates, des engrais composés et des sulfates de soude.
Les principales usines actuellement en exploitation sont celles de:
1° La Compagnie du Phospho-Guano qui possède une fabrique d’acide sulfurique et produit des superphosphates et des engrais composés. Sa production annuelle est de l’ordre de 100.000 tonnes. Elle importe 75.000 tonnes de phosphates et de pyrites et réexporte pou: environ 23.000 tonnes de résidus de pyrites riches en fer. Ces résidus servent de fret de retour aux cargos charbonniers et sont expédiés principalement vers la Belgique, l’Anglèterre ou l’Allemagne. Cette usine a un personnel de 350 à 400 ouvriers.
2° La Société Anonyme des anciens établissements Bertrand
traite les mêmes matières premières pour obtenir de l’acide sulfu- : rique et de l’acide chlorydrique ainsi que des superphosphates et tous engrais agricoles.
3° Depuis la guerre, l’Union française de fabriques d'engrais, de produits chimiques et de superphosphates a établi près du bassin de La Pallice une usine qui s’est spécialisée dans la fabrication des superphosphates minéraux à 14 % et 16 % et dans celle des phosphates moulus agricoles à 30 %.
D'autres usines traitent les déchets de poisson pour la fabrication des engrais. L'usine Jodet-Angibaud fabrique du guano de poisson français, l’usine Dalh de l’engrais de poisson et die la farine de poisson pour l’alimentation du bétail. Ces deux usines reçoivent les guanos de poisson en provenance de Scandinavie.
Deux maisons importent des nitrates de soude du Chili et les revendent aux agriculteurs qui les emploient tels quels. Ces importations qui se faisaient avant la guérre principalement par les grands voiliers de la Maison A.-D. Borde, de Dunkerque se font aujourd’hui par vapeurs. Ces importations de nitrates de soude atteignaient avant la guerre 30.000 tonnes par an. Après la guerre, par suite de la concurrence des engrais artificiels et de leur prix de revient élevé, une forte diminution de leur importation s'était fait sentir et il a fallu attendre jusqu’en 1928 pour retrouver le chiffre d'avant guerre.
Cette industrie des importations d'engrais est indirectement atteinte par la crise mondiale. Leur coût de production a notablement baissé, mais les cultivateurs, touchés par la mévente générale des produits agricoles ont des disponibilités financières moindres et réduisent leurs achats d'engrais. |