‹ Le Port de La Rochelle-PalliceChapitre 39 sur 50 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le port pétrolier

La consommation du pétrole et du mazout pour des usages industriels ne cesse d'augmenter en France. Les combustibles liquides ont déjà remplacé la houille pour de multiples usages. La France n’en possède pas de gisements, hormis les puits de Péchelbronn en Alsace, et doit faire venir ce qui est nécessaire à sa consommation de l’étranger, notamment des Etats-Unis d'Amérique, du Mexique, du Vénézuéla et de la Russie. Ces importations en 1930 se sont montées à 3.524.976 tonnes.

Certains ports français se sont plus particulièrement spécialisés dans ce trafic : Rouen, La Rochelle, Blaye, Port de Bouc.

La manipulation des essences et pétroles est dangereuse et il faut des installations spéciales pour les recevoir. Dès avant la guerre, trois dépôts de pétrole et une raffinerie avaient été installés sur des terrains domaniaux avoisinants le bassin de La Pallice. Le total des cargaisons de pétrole brut et raffiné reçu en 1913 avait atteint 47.544 tonnes.

La guerre accrut d’une façon énorme la consommation du pétrole dans le monde et montra l'insuffisance des navires citernes et des dépôts existants. Il y eut une politique du pétrole qui amena un grand accroissement de la flotte mondiale pétrolière passé de 500.000 tonnes en 1914 à 5.000.000 en 1922. À cette dernière date la France possédait pour sa part 156.000 tonnes de navires citernes et ce nombre n’a cessé de s’accroître depuis. Au 30 juin 1930, elle possède 32 navires pétroliers d’un tonnage global de 192.021 tonneaux. Sa flotte pétrolière est la sixième du monde.

Les installations existantes se montrèrent également insuffisantes pour recevoir un si grand nombre de navires et, en particulier à la Pallice, on se préoccupa de créer des ouvrages suffisants pour accueillir les plus grands tanksteamers. Nous avons vu que la loi du 27 Avril 1914 avait autorisé la Chambre de Commerce à construire une souille de 300 mètres de long, 30 mètres de large et plafond à la côte — 9 au pied de la jetée Nord de La Rochelle-Pallice. La même loi avait décidé l'agrandissement de la souille déjà existante au droit de l’appontement des pétroliers qui devait être portée à 130 mètres de long, 25 de large et plafond à la côte — 7.

Une série de décisions ministérielles des 13 février 1918, 15 février 1919, 29 mars 1920, 12 février 1921 approuvèrent l'exécution de ces travaux. Confiés à l’entreprise J. et G. Hersent, ils furent achevés en novembre 1921.

Le pétrole importé par La Pallice vient principalement des Etats- Unis. Il est exporté de la région du golfe du Mexique par les ports de Tampico, Pensacola, Barytown et Baton-Rouge (en Louisiane).

Les quantités débarquées ont été :

ÉNETO DE M nr 105.150 tonnes BNP OMR MERE 871032 9 En 1008. Ne EE 95.818 »

EN 1020 es EN 116.175 »

ENT 020 PER NRRe 117000 120 En T0 1 LR 118.597 »

La manipulation des pétrolés est assurée à La Pallice dans des conditions très satisfaisantes. L’appontement des pétroliers est exclusivement réservé aux tanksteamers. Le nombre des dépôts existants a doublé depuis la guerre. Ils sont situés à proximité des postes de déchargement (le plus éloigné n’en est qu'à 1.800 mètres). Les réservoirs Sont mis en communication directe avec les navires citernes par des pipes-lines installés par les Compagnies à titre d'outillage privé, mais avec obligation de service public.

Il existe trois canalisations de 1.750 à 1.800 mètres de long. Deux d’entre elles ont un diamètre intérieur de 150 mm. ; la troisième a un diamètre intérieur de 300 mm. Elles sont complètement souterraines et les extrémités du côté du quai sont enfermées dans un aqueduc construit spécialement dans le quai de marée. Elles sont ainsi entièrement protégées contre les intempéries.

Les combustibles sont refoulés par les navires dans les réservoirs à une vitesse de déchargement qui varie entre 80 et 250 tonnes à l'heure. La capacité totale de stockage est de 62 millions de litres répartis en 29 réservoirs. ù

Six sociétés comportant cinq établissements recevant pétrole, essence et mazout sont installées près du bassin de La Pallice. Dès avant la guerre existaient :

1. La « Bedford Petroleum Company » qui a acheté les installations ide la « Raffinerie française » et possède dix réservoirs d’une capacité totale de 9.467.000 litres et une raffinerie.

2. La « Compagnie Industrielle des Pétroles » avec six réservoirs d’une contenance de 10.798.000 litres.

3. La « Société Lille, Bonnières et Colombes » avec cinq réservoirs de 10.535.000 litres.

Depuis la guerre, sont venues, en outre, s'installer :

4. La « Société pour l’approvisionnement des consommateurs d'huiles combustibles » qui possède quatre réservoirs de 11.624.000 litres pour le mazout. Son installation en ordre de marche lui permet de débiter annuellement 150.000 à 200.000 tonnes de mazout.

5. La « Société Immobilière des Pétroles du Midi » (Raffineries du Midi) possède quatre réservoirs de 19.884.000 litres.

6. La Société l’ « Economic » (Eco--Essence) occupe momentanément une partie des réservoirs de la Bedford Petroleum Company.

Un grand nombre de navires pétroliers profitent des facilités de ces installations pour venir s’y alléger avant de remonter jusqu’à Rouen, car ils ne sont pas obligés d’entrer dans un bassin à flot et peuvent effectuer très rapidement leurs opérations.

Une nouvelle société a manifesté l’intention de monter une nouvelle raffinerie à La Pallice. Elle importéra pour l’alimenter environ 200.000 tonnes de pétrole chaque année. Elle attend pour mettre ses projets à exécution le vote par le Parlement de la loi actuellement pendante devant lui sur le statut des pétroles.

L’importation des combustibles par La Rochelle ne peut qu’augmenter l’industrie en réclamant des quantités sans cesse accrues. Sur . Blaye, qui est l’autre port pétrolier de la côte Atlantique, La Pallice présente de gros avantages : grandes facilités de déchargement et difficultés d'accès nulles.

Si les armateurs. de chalutiers transforment leur flotte en employant des navires à moteur, les importateurs rochelais de pétrole trouveront de ce côté, un nouveau débouché régulier qui ne cessera de croître.

Actuellement, dans un des parcs à charbon avoisinant le bassin des chalutiers de La Rochelle-Ville a été entreprise la construction de citerne de réserve et d’une pipe-line qui permettra un approvisionnement aisé des chalutiers à moteur. |

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