‹ Le port de ParisChapitre 10 sur 23 · L'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

L'ADMINISTRATION

Or, on ne peut espérer de progrès en ce sens que par une refonte de l'administration du port de Paris. Celui-ci pâtit de la multiplicité des services qui s'en occupent et de l'absence d'une direction d'ensemble. Services compétents, remplis des meilleures intentions, mais que séparent des palissades infranchissables et qui ignorent l'impulsion d'une direction unique. Tandis que dans la traversée de Paris « intra muros » c'est l'Etat qui est maître ; pour le .système de la Villette avec ses canaux annexes, c'est la Ville qui détient propriété et autorité ; s'il s'agit des communes suburbaines, l'Etat, la Chambre de Commerce, différents concessionnaires se partagent la direction.

Pour les services techniques, il y a lieu de distinguer : i"" le Service de la Navigation de la Seine (5® section) pour Paris même (Ponts et Chaussées) service qui s'étend d'une part jusqu'au département de Seine-et-Marne (4^ section), d'autre part jusqu'à La Briche (6^ section) ; 2° La Direction des Eaux, qui dépend du préfet de la Seine et s'occupe à la fois du port municipal (La Villette et annexes), des égoûts, de l'approvisionnement en eau de la capitale ; tâche multiple, beaucoup trop diverse. En outre une inspection de la navigation, subordonnée au Préfet de Police, maintient l'ordre partout, désigne les postes d'amarrage, veille aux délais de « planches » (4o tonnes doivent être débarquées par jour ouvrable, 20 seulement s'il s'agit d'objets fragiles), interdit tout façonnage sur les quais, etc.. Cette « Inspection » très au courant des besoins du commerce par eau,

qui détient les meilleurs renseignements, n'a cependant pas le droit de proposer des améliorations, sauf en ce qui concerne la police du port.

De là résultent des différences au premier abord étonnantes. Pas de droits sur la Seine, mais des péages sur les canaux de la Villette. En outre, ici, il faut acquitter des droits de stationnement, de garage, d'occupation temporaire. Tandis que sur les terrepleins de la Seine, des « usagers » encombrent, gratis, les places disponibles. Qui ne connaît près de la Concorde ce dépôt de blocs énormes de pierre à bâtir, cubes blancs verdis par les crues et les intempéries, et qui attendent depuis des années leur utilisation. Tas de sables qui semblent éternels, matériaux divers qui séjournent longuement, comme s'ils regrettaient leur voyage en rivière et ne pouvaient se détacher de la rive, autant d'obstacles pour le trafic public et aussi pour l'écoulement des eaux de crue.

Organisation historique, constituée au gré des circonstances, mais qui n'est pas adaptée au service d'un organisme économique comme le port de Paris. Tout se tient dans cet ensemble de fleuve et de canaux et il serait nécessaire qu'une direction supérieure, unique, put entreprendre, avec la coordination des différents services publics ou privés, l'organisation rationnelle qui convient au premier port de France et de laquelle dépendent ses progrès.

Jusqu'à présent, la loi de 191 2 sur l'autonomie des ports, applicable à Paris, ne semble guère avoir joué. Il est grand temps, cependant, que Paris, pourvu d'un réseau si favorable, siège d'un trafic si considérable, obtienne les améliorations, l'organisation nécessaires.

Page 1