LES PRINCIPALES DIRECTIONS DU COMMERCE
Part de la Seine, part de La Villette. — Aujourd'hui encore le grand rôle du port de Paris est de recevoir beaucoup et d'expédier un peu. Et ce n'est pas trop de toutes ces voies, fleuve et canaux, pour y suffire. Le canal de l'Ourcq prend pour sa part, en igiS, 769.000 tonnes ; celui de Saint-Denis accuse un mouvement de 2.340.000 tonnes ; celui de Saint-Martin 1. 000. 000 ; en tout, plus de 4ooo.ooo de tonnes. La Seine — non compris le transit, porte, dans les deux sens, 9.600.000 tonnes. L'utilité du doublement de la Seine par le système de la Villette se manifeste bien ainsi.
Les grands courants d'apport. — Mais d'où vient, où va cette masse de marchandises ? Par quelles voies est-il répondu à l'appel de Paris ? Une direction fait défaut et son absence frappe dès l'abord, c'est la direction du Sud-Ouest. De ce côté, point de liaison par eau et la Beauce monotone s'étale, sèche. Jadis la Loire^ de Nantes à Orléans, puis Briare, pouvait agir. Depuis un demi-siècle, la navigation l'a abandonnée. Paris ne peut rien attendre par cette voie, jusqu'au
jour OÙ l'entreprise si heureusement menée à bien entre Nantes et Angers, si sûre d'être prolongée jusqu'à Tours, aura, par le fleuve ou par un canal, atteint son but, Orléans et Briare.
Mais, de tous les autres points de l'horizon accourent péniches, flûtes, chalands, toues aux lourdes cargaisons. La Basse-Seine apporte ainsi, de Rouen, du Havre, de la mer, 3. 680.000 tonnes, tandis que par l'Oise proviennent de la région du Nord, 2.700.000 tonnes. C'est donc un total de 6.38o.ooo tonnes de marchandises, plus de la moitié du total des arrivages, que Paris reçoit par ces magnifiques voies d'aval.
Du côté de l'amont, la Marne jette à Paris 680.000 tonnes ; l'Yonne, la Saône et le Rhône (canaux du Nivernais, de Bourgogne, du Centre) donnent 165.000 tonnes ; le canal de l'Ourcq fournit 700.000 tonnes ; la Haute-Seine et la Loire (canaux de Briare, d'Orléans) accusent un chiffre fort élevé : 3.700.000 tonnes. En tout 5. 2 45. 000 tonnes. La faiblesse relative des apports, en ce qui concerne le réseau du Nord-Est et la région Rhône-Saône ne peut passer inaperçue. Elle tient pour une part, certes à l'éloignement, puisque Nancy se trouve à 4i4 kilomètres contre 243 kilomètres de Paris à Rouen (364 pour Le Havre). Mais c'est aussi que les écluses du système de la Marne ne se prêtent pas au passage de la grosse batellerie, que le canal de Bourgogne accumule 189 écluses sur 242 kilomètres. Il paraît certain que si plus de facilités étaient données à la navigation, elle serait plus active. Car si l'Est reçoit des appels importants du Nord et de la Méditerranée, une partie des relations de ces pays avec l'Ouest, par Paris, est
fort possible. Le fait que les usines à gaz de Paris reçoivent des houilles de la Sarre laisse supposer l'amorce d'un trafic capable d'avenir.
Mais c'est du côté de l'aval, surtout, que les progrès ont été considérables. Jadis il n'en était pas ainsi et, jusqu'au XIX® siècle, c'est de l'amont surtout que Paris recevait un flot considérable de marchandises, aliments, bois, matériaux de construction. De notre temps, un renversement s'est produit et c'est le flot d'aval maintenant qui l'emporte, à cause, pour beaucoup, de la houille nécessaire à l'industrie parisienne. Flot qui semble devoir s'accroître encore quand sera terminé ce canal du Nord que rend nécessaire l'encombrement du canal de Saint-Quentin.
Ce sont toujours les grandes directions tracées par la nature, ces voies convergeant sur Paris. Mais elles ont pris plus d'intensité du côté de l'aval, avec le développement industriel de l'agglomération parisienne et la facilité plus grande des relations avec la mer.
Les principaux courants d'expédition. — Il n'en est pas tout à fait de même en ce qui concerne les directions prises au départ de Paris. En effet c'est vers la Haute-Seine et la Loire que se dirige la plus grosse masse de marchandises : 2.835.ooo tonnes. Si l'on ajoute à ce chiffre les suivants : 096.000 tonnes pour rOurcq, loi.ooo pour l'Yonne et la Saône, 44.ooo pour la Marne, on obtient un total de 3.576.000 tonnes. C'est du côté de la Marne que la différence, par rapport aux apports, est considérable. Mais que les chiffres ne fassent pas illusion ! Ils n'expriment pas tous un départ de marchandises transformées ou même une réexportation. Les déblais, gadoues, dé-