‹ Le port de ParisChapitre 14 sur 23 · LES MARCHANDISES EN TRANSIT · texte numérisé non relu

LES MARCHANDISES EN TRANSIT

Cette progression se remarquerait aussi, dès lors, dans les opérations de transit. Placé comme il l'est, au point de convergent de tant de voies rayonnantes, Paris semble devoir jouer le rôle d'un port de répartition, de dispersion des marchandises. Son port fut longtemps un (( terminus » pour la navigation. Depuis les travaux effectués au XIX" siècle tant pour les canaux que pour les rivières qui se rassemblent au centre de la cuvette parisienne, depuis les transformations économiques causées par l'application de la vapeur, le port de Paris peut mieux assurer un ser-

vice de transit. Et de fait, sa valeur en ce sens s'est beaucoup accrue, puisqu'en i884, elle se chiffrait seulement par quelques centaines de mille tonnes. Or, en igiS, sur les i6 millions de tonnes qui constituent le trafic total du port de Paris, /i. 176.000 reviennent au au transit, dont 2.896.000 par la Seine et environ 1.280.000 par les canaux.

Des arrivages, des expéditions dont nous avons essayé de dégager la physionomie, une partie en effet ne fait que toucher barre à Paris et reprend le bateau pour une destination définitive soit vers l'aval soit vers l'amont. En fait une quantité notoire de ces marchandises ne s'éloigne pas beaucoup des environs de Paris. Le plus fort tonnage est destiné à l'amont, 2.780.000 tonnes environ. N'est-ce pas, en effet, les provenances de l'aval qui comptent le plus ? A destination de l'aval, au contraire, on ne compte que 1. 390. 000 tonnes ; chiffre encore considérable, qui exprime sans donte un apport important de matériaux de construction. La voie unique de la Basse- Seine est comme le manche d'un éventail dont les branches diverses réclament des importations variées.

Mis à part, le transport des engrais et eaux-vannes, trafic dont nous connaissons la valeur locale, quelles sont les marchandises qui transitent par Paris en masses de quelque importance ? Vers la principale direction, vers l'amont se dirigent naturellement des houilles qui arrivent d'Angleterre ou du Nord, les centres les plus voisins et les mieux reliés par voie d'eau : i.45o.ooo tonnes environ. Les péniches remontent jusqu'à Melun, par exemple les produits alimentaires (vins, sucres, céréales même pour Corbeil) se répandent aussi dans le pays d'amont et

LE PORT DE PARIS lOI

c'est un stock de plus de 4oo.ooo tonnes. Métaux, machines, produits industriels et tissus ou matières premières (coton) remontent aussi Seine et canaux, au nombre de près de 4oo.ooo tonnes. De plus en plus, en effet, les régions industrielles de l'amont appellent les arrivages de la Basse-Seine qui fournit aussi les denrées alimentaires exotiques et les produits des autres régions françaises.

Vers l'aval, la majorité appartient aux matériaux de construction : plus de 970.000 tonnes, dont une partie remonte par l'Oise, vers le Nord, dont une autre aussi se déverse sur la banlieue aval. Sans cet appoint, le trafic d'aval serait fort restreint, comparativement à celui d'amont. Et ici encore se manifeste, dans le commerce par eau du port de Paris, l'importance prodigieuse et naturelle à la fois de cette rubrique.

Malgré tout, le transit n'apparaît pas encore comme un facteur essentiel de la prospérité du port de Paris. Ce n'est pas le rôle primordial de la Seine et des canaux annexes qui doivent surtout ravivitailler Paris, satisfaire ses besoins industriels et répondre aux appels des travaux de construction publics ou privés. D'ailleurs, en l'état actuel, le commerce ne trouve guère intérêt à un trop long voyage par eau, du moins en général. Des services accélérés, et aussi des combinaisons avantageuses avec les voies ferrées pourraient accroître, avec le trafic général, la valeur de la navigation de transit.

Page 1