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LES CARACTERES DU TRAFIC DU PORT DE PARIS

Le transit ne joue donc encore qu'un rôle d'arrièreplan, surtout si l'on a soin de compter à part le trafic local des déchets, eaux- vannes, gadoues, déblais de toutes sortes qui ne dépassent guère la zone d'attraction immédiate de la région parisienne (2 à 3 millions de tonnes ?). Le port de Paris remplit avant tout la fonction d'un centre d'appel de premier ordre, qu'il s'agisse du ravitaillement de l'industrie en houille, en matières premières, en matériaux de construction, ou qu'il s'agisse d'assurer à la population, avec le chauffage, un complément d'aliments. Les arrivages sont très supérieurs aux expéditions, fatalement. Car seuls les matériaux de construction constituent à cet égard une masse vraiment imposante. La plupart des produits débarqués à Paris ou se consomment sur place, ou bien, transformés, acquièrent une valeur qui incline, pour l'exportation, à profiter de la voie ferrée. Ainsi la Seine et le système des canaux noués à la Villette apparaissent comme une voie de première utilité ; voie qui réunit, de l'amont, les produits de régions variées, riches par leurs carrières, par leur agriculture ; voie qui, unique, ouvre un couloir qui draine, par Le Havre et Rouen, tout le champ immense de la mer. La Basse-Seine, jadis peu active, a pris, dans la vie parisienne, une place prépondérante à tel point que le moindre embarras de ce côté inquiète pouvoirs publics et particuliers, à tel point que l'on considère les progrès de Paris comme liés à ceux de

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la navigation en Basse-Seine. Par ce chemin, par les autres, circulent les bateaux chargés de produits lourds. Houille, matériaux de construction accaparent tout d'abord la plus grande partie du tonnage. Mais les matières premières nécessaires à l'industrie, mais les denrées alimentaires constituent aussi de gros chargements. Certes aujourd'hui, Paris, en temps normal a moins besoin de compter sur la Seine pour se nourrir. Mais il doit toujours se préoccuper de maintenir à sa disposition cette merveilleuse voie qui peut, au besoin, le sauver de la famine.

C'est donc surtout un rôle d'approvisionnement qui revient au port de Paris. Et la Seine, sans qu'il y paraisse beaucoup pour l'observateur superficiel, la Seine — qui est la beauté particulière de Paris — est la route marchande qui lui permet de vivre.

Et cela, par le moyen de petits bateaux dont les géants transportent i.ooo à i.5oo tonnes. Escadre importante de petites unités qui comptait, en 191 3, 77.358 navires, dont 60.798 pour la Seine, 13.007 pour le canal de l'Ourcq, 8.627 pour le canal de St-Denis, 7.916 pour le canal St-Martin.

Escadre qui bat, en immense majorité, pavillon français. Et ceci encore distingue Paris des ports maritimes avec lesquels on est tenté de le comparer. Quelques navires anglais, comme ceux qui viennent accoster au port St-Nicolas ; de plus, nombreuses péniches belges. Mais presque tout entière la navigation se trouve en mains françaises. De sorte que le trafic du port de Paris profite par là aussi à la communauté française.

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