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LE MOUVEMENT GENERAL

Que la guerre ait apporté dans le trafic du port de Paris des changements importants, rien de moins imprévu. L'arrêt des constructions, la nécessité de demander plus d'efforts à la Basse-Seine, directions ou nature se sont trouvées transformées.

Trafic total. — Le total a considérablement diminué. Paris ne pouvait pas, comme nos ports maritimes, bénéficier d'un accroissement de tonnage dû aux apports de l'étranger. Dès 191 5, on ne trouve plus, au mouvement total des marchandises, que 8.280.000 tonnes, 9.000.000 en 1916, 8.800.000 en 191 7 et 9.500.000 pour 1918. La chute est considérable,

isi l'on songe que ce dernier chiffre ne dépasse guère que d'un million la moitié du total atteint en igiS ! Paris a été profondément atteint par les effets de la crise mondiale et tandis que d'autres ports — tel Rouen — enflaient leur chiffres, celui-ci maintenait les siens à peine à la hauteur de ceux enregistrés une vingtaine d'années auparavant.

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D'où provient cette diminution brusque et forte ?

Arrivages et expéditions. — La baisse apparaît fort nette pour les arrivages. Leur nombre total n'est plus que ce qu'il était aux environs de l'année 1900, presque moitié moins qu'en igiS, puisqu'il est seulement de 6.3oo.ooo tonnes en 191 5, 7.250.000 en 1917, 7.699.000 en 1918. Tel quel, il constitue la majeure partie du trafic et, en ce sens, les caractères du port de Paris restent les mêmes qu'avant la guerre : port d'importation plutôt que d'exportation. Il semble qu'il s'accuse plutôt davantage puisque la proportion des arrivages dans le total du trafic atteint 71 % en 1916 et 81 % en 1918. Paris a continué à réclamer beaucoup plus qu'il n'offrait. Car on ne compte au départ que 1.800.000 tonnes en 1915, 1.600.000 en 1918 (contre plus de 4.000.000 en igiS). La baisse a donc atteint aussi les expéditions, peutêtre plus encore que les arrivages. La suppression d'une partie des voies de communication par l'occupation ennemie des régions du Nord et du Nord-Est en est une cause certaine.

Courants d'apport. — Et cette suppression momentanée d'une partie du réseau parisien a contribué à modifier la valeur des courants principaux du trafic noué à Paris.

L'apport de la Basse-Seine devint vite le plus important de tous, de beaucoup. De 3. 180.000 tonnes avant la guerre, il passe à 5. 460.000 en 191 7, 6.900.000 en 1918. Il faut en effet que par cette voie arrivent les produits qui jadis provenaient du Nord. L'Gise qui se plaçait au 2^ rang des voies d'aval, voit son trafic réduit à presque rien : 2.700.000 tonnes en 191 3, seu-

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lement 28.000 en 1917, Si.ooo en 191S ! On saisit bien ainsi l'importance de cette voie pour la vie de Paris, les désastreux effets de son occupation et de sa destruction par l'ennemi. En fait, pendant la guerre, l'Oise ne compte plus, pour ainsi dire et demeure bloquée. C'est avec raison qu'aussitôt la victoire gagnée et même dès l'avance de nos troupes, la réparation des voies embranchées sur l'Oise fut poussée avec une activité particulièrement énergique.

Pour les courants d'amont, dans toutes les directions, diminution importante : en tout 1.760.000 tonnes au lieu des 5.200.000 d'avant-guerre ! La Marne est particulièrement touchée, nos relations avec l'Est se trouvant plus restreintes, iSo.ooo tonnes seulement (au lieu de 680.000) ; le canal de l'Ourcq est un peu moins affecté : 200.000 tonnes contre 700.000. L'Yonne, reliée à la Saône, au Rhône, souffre moins, naturellement et si elle n'apporte plus 160.000 tonnes, elle en donne encore 120.000. En revanche, la Haute-Seine et la Loire ont vu baisser leur trafic de plus de moitié : i.Soo.ooo tonnes environ au lieu de 3.700.000.

De sorte que, durant la guerre, c'est encore le trafic d'aval qui a prédominé comme il prédominait depuis longtemps auparavant, mais grâce uniquement à la Basse-Seine. Et du côté de l'amont, la direction Hautc-Seine-Loire a conservé son importance de jadis.

Courants d'expédition. — En ce qui concerne les expéditions, baisse constatée partout sauf pour la Marne qui joua le rôle d'une voie de premier ordre

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pour le ravitaillement du front : 44.ooo tonnes en igiS (60.000 en 1912), 68.000 en 1917, 78.000 en 1918. Mais l'Yonne (96.000 contre 100.000), TOurcq (289.000 contre 695.000), la Haute-Seine (600.000 contre 2.800.000) ont un trafic très diminué, malgré un relèvement sérieux en 1918 (Yonne : 61.000 en 191 7). Au total, les expéditions vers l'amont, qui semblent vouloir s'accroître, ne comptent que 1. 173. 000 tonnes (3.670.000 en 1913). Vers l'aval, 680.900 tonnes seulement, au lieu de 1.200.000, dont 47.900 constituent toute la part de l'Oise !

Dès lors, si, pour chaque voie, l'on fait le compte global des arrivages et des expéditions, il apparaît que la hiérarchie de 191 3 subit quelques modifications. Comme on pouvait s'y attendre, c'est la Basse- Seine, en 19 18, qui vient en tête, changeant de rang avec la Haute-Seine ; celle-ci avec 1.900.000 tonnes, celle-là avec le chiffre imposant de 6.600.000 tonnes. L'Ourcq obtient la 3^ place, avec 600.000 tonnes, l'Yonne ensuite accuse 220.000 tonnes. Marne et Oise occupent les dernières places, la Marne avec 200.000 tonnes, l'Oise avec seulement 79.000 tonnes. Au demeurant, la Seine garde sa valeur particulière, vrai aliment du port de Paris, tandis que l'Oise, la plus affectée par la guerre, subit une sorte de léthargie, momentanée d'ailleurs.

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