‹ Le port de ParisChapitre 2 sur 23 · LE FLEUVE · texte numérisé non relu

LE FLEUVE

Que Paris soit un port, nul ne l'ignore. A la traversée d'un pont, l'on s'arrêta pour voir passer un train de péniches ; sur telle berge, l'on oublie un instant la course enfiévrée par les rues pour observer le déchargement d'un bateau, tas de sables dorés, tas de plâtres enveloppés de nuages blancs, tas de charbons qui s'empanachent de poussière noire. Et l'on sait bien aussi, certes, qu'à intervalles irréguliers, le cri de <( Paris port de mer », jeté à travers la foule des préoccupations parisiennes, rappelle qu'il y a un port et qui a besoin de perfectionnements. Mais, un port, ce terme évoque dans la plupart des esprits le souvenir d'une masse d'eau encombrée de navires dont les mâts et les cheminées tissent entre le ciel et le regard un réseau compliqué ; il évoque le souvenir de quais surchargés de docks, de machines bizarres, de w^agons, d'une fourmilière humaine. Où donc se cache le port de Paris ? Car la Seine de Paris ne rappelle guère la Tamise de Londres. Elle demeure l'une des beautés de la capitale de la France, reflétant dans ses eaux calmes les lignes élégantes ou majestueuses des monuments de notre gloire, sans que les

trouble Técran de quelque organisme moderne nécessaire au commerce par eau. Vraie voie triomphale, ruban de moire bleue si doux à contempler dans l'air léger de Paris, par les matins d'été ; fleuve inimitable qui murmure sans cesse une leçon d'harmonie, glissant dans un cadre sans pareil ; fleuve admirable dont la moindre ride accroche les paillettes d'or du soleil levant, dont la surface tout entière s'illumine aux rayons du soleil couchant.

Cependant, la nef qui orne les armes de Paris ne rappelle pas seulement des origines lointaines et le rôle prépondérant que joua, aux anciens âges, dans la vie de la cité, la navigation fluviale. Encore aujourd'hui elle garde sa valeur symbolique. Car Paris, sans qu'il y paraisse de prime abord peut-être, occupe le premier rang parmi tous les ports de France, avec un mouvement de i6 millions de tonnes qui laisse loin derrière lui celui de Marseille même. Port original, port dilué en quelque sorte de la Briche à Ivry, de Pantin à la Ville tte et à l'Arsenal, grand port de petits bateaux ; port curieux qui n'affiche guère ses efforts et qui semble dissimuler son activité par égard pour l'élégance du milieu.

Port de premier ordre qui doit son importance unique à la Seine, au réseau de voies qu'elle concentre, au développement de la Capitale.

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