MARIE- ANTOINETTE
Mafie-Antoinette montra toute la bonté de son cœur lorsqu'elle vint au secours de sir Charles Asgil , qui , sans son intercession, aurait partagé le sort du malheu-
reux major André, fusillé comme espion.
La lettre que la reine écrivit en cette occasion sauva la vie de ce brave officier, et immortalisa la douce humanité de celle qui avait plaidé pour lui. La reine reçut lady Asgil à Versailles , quand celle-ci vint la remercier de lui avoir rendu son fils. Leur entrevue fut infiniment touchante ; Marie-Antoinette pressa contre son cœur cette tendre mère , et toutes deux confondirent leurs larmes.
Lorsque la reine fut condamnée par le tribunal révolutionnaire , on lui demanda si elle n'avait rien à ajouter; elle répondit : « Rien. — Et vous, défenseur officieux? dit le président en s'adressant an conseil de la reine. — Nous avons rempli notre mission auprès de la veuve Capet. » Telle fut leur réponse. La malheureuse princesse fut exécutée le lendemain de sa condamnation. Elle reçut la mort sur la place de la Révolution , où Louis XVI l'avait précédée.
Au moment où la reine sortit de la Conciergerie , pour monter sur à l'échafaud , la populace ameutée dans les rues fit entendre des applaudissements et des bravos.
Marie-Antoinette , vêtue de blanc , les mains attachées derrière le dos , et assistée par le recteur de Saint-Landry, marcha à l'échafaud avec cette dignité qui la caractérisait dans les jours de sa gloire.
Après l'exécution , trois jeunes personnes trempèrent leurs mouchoirs dans son sang. Elles furent aussitôt arrêtées.