LES CIRCASSIENNES
Les femmes de Circassie sont depuis long-temps célèbres par leur beauté , et certes il n'est point de pays où l'on donne plus de soin à l'éducation des jeunes filles. Elles sont élevées sous les yeux de leurs mères , tandis que les garçons sont confiés à des étrangers. Elles apprennent à broder , à faire leurs vêtements et ceux de leurs maris. Les filles des esclaves reçoivent la même éducation ; leur prix varie selon leur beauté , depuis 5oo francs jusqu'à 2,5oo, quelquefois même il s'élève plus haut.
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Aussitôt après la naissance d'une fille , on lui attache autour de la taille une large ceinture de cuir qu'on laisse jusqu'à ce qu'elle tombe d'elle-même : alors on la remplace par une autre. La nuit des noces le mari coupe la ceinture avec son poignard , ce qui cause souvent des accidents funestes. Le fiancé fait à la famille de sa prétendue un cadeau de noce ou kahjm, qui consiste en armes, ou en une cotte de maille ; mais il ne peut la voir ni communiquer avec elle sans le plus grand mystère. Le père fait un présent à la mariée ; mais il réserve les dons les plus précieux pour la naissance du premier enfant. Dans cette occasion , elle lui rend visite, reçoit de lui les présents d'usage, la parure et le voile des matrones.
Avant le mariage , la jeunesse des deux sexes se voit librement dans les fêtes de familles. Au commencement du bal les jeunes gens montrent leur force et leur adresse dans des exercices divers , et
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les vainqueurs ont le droit de choisir les
plus ]olies danseuses.
Les Circassiennes , selon le caractère de leur nation , s'enorgueillissent des victoires de leurs maris et leur reprochent leurs défaites. Elles prennent soin de leurs armes. Les veuves s'arrachent les cheveux et se meurtrissent le visage en signe de douleur. Les hommes avaient autrefois la même coutume; mais ils supportent maintenant avec plus de calme la perte de leurs femmes et de leurs parents. L'habitation d'un Circassien se compose de deux huttes, parce qu'il n'est pas d'usage que la femme et le mari vivent sous le même toit. Une de ces huttes est destinée au mari , et sert aussi à la réception des étrangersj l'autre est occupée par sa femme et sa famille. La cour de séparation est entourée de palissades.
Les Circassiens font uu grand trafic de leurs enfants , surtout de leurs filles, qu'ils vendent aux Turcs et aux Persans, chez
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lesquels elles trouvent îles partis avantageux. Cependant les femmes ont souvent à se plaindre de la manière dont on dispose d'elles : le docteur Clarke parle d'une Circassienne fort belle , qui aima mieux rester prisonnière chez les Cosaques que de retourner dans son pays pour se voir peut-être vendue à des maîtres moins humains.