Voir supra, p
le charbon ^ — cette région trouvait dans son étendue de côtes de plus de 2.000 kilomètres, avec d'excellents poits (Lourenço-Marquès, Inhambane, Beira, Chinde, Quelimane, l'île de Mozambique, Ibo), dans ses terrains d'une fertilité extraordinaire, qui se prêtent admirablement à la culture de tous les produits exotiques, dans ses forêts vierges, dans un climat qui convient aussi bien à l'Européen qu'à l'Asiatique", enfin, dans sa population, nombreuse, forte et apte au travail, tous les éléments nécessaires d'un prompt dévelop[)ement économique.
Tout ceci permet de comprendre que les recettes du Mozambique se soient élevées de 247 contos de reis, en 1870-1876, à 3.392 en 1896-1897, et qu'en vingt ans son mouvement commercial ait plus que triplé, en passant de 1.656.113.565 reis en 1877 (importations : 891.992.793 et exportations : 764.120.772) à 6.286.498.069 en 1897 (importations : 4.813.170.937 et exportations : 1.473.327.112). Encore, dans ces derniers chiffres, ne figure pas le mouvement commercial des deux compagnies souveraines, dont le total, en y comprenant le transit, atteint 10.781 contos. Malheureusement, un certain nombre de difïicultés vinrent arrêter les progrès de la colonie : la révolte de plusieurs chefs indigènes qu'il fallut réduire à l'obéissance, le manque de pluies qui fut cause, en certains points, d'une crise de famine, les ravages causés par les sauterelles, les dépenses extraordinaires nécessitées par les travaux pubUcs. En dépit d'une augmentation croissante des recettes, les budgets, à
1. Lor se rencontre surtout sur la frontière septentrionale, au nord de Tété, à Massi-Kessé, prés de la frontière du iManica ; la houille entre la Rovouma et la Londenjda ; le fer et le cuivre à Télé.
i. Une partie de son territoire est, en effet, en dehors de la zone tropicale. Sa position en latitude est, dans rhéniisi)hère sud, à peu près celle de l'Inde anglaise et de notre Indo-Chine dans l'hémisphère Nord. Ses côtes sont baignées par un courant chaud iNord-Sud, (pii court entre le continent et Madagascar. Les districts les |)lus sahibres si>nt ceux du sud.
partir de 1892, se traduisent par des déficits constants. Enfin, la guerre sud-africaine, qui arrêta les travaux miniers, eut des conséquences particulièrement désastreuses pour le district de Lourenço-Marquès, dont elle diminua les recettes, qui proviennent surtout des douanes et des chemins de fer. Le déficit de l'e.xercice budgétaire clos le 30 juin 1900 atteignit l'énorme chifï're de l.Olo contos de reis. A la même date, la dette de la province dépassait 1.197 contos. 11 fallut le rétablissement définitif de la paix au Transvaal pour ramener la prospérité de son voisin, le Mozambique. L'exercice de 1902-1903 représentait encore un déficit de 33 contos (recettes : 3.094 contos; dépenses : 3.127), L'année 1903- 1904 vit, enfin, se rouvrir Tère des excédents, avec une différence de plus de 700 contos en faveur des recettes. Pour 1909-1910, les chiffres ont été les suivants : recettes, r).29l contos ; dépenses, o.ll2.
Le mouvement commercial de la province subit à peu près la même évolution, quoiqu'il ait souffert, dans une bien moindre mesure, de la guerre anglo-boer ; son accroissement a été particulièrement rapide depuis le retour de la paix, passant de 25.675 contos en 1899, à 29.625 en 1903 et 37.644 contos en 1908 \
Le régime douanier, inauguré le 29 décembre 1892, est inspiré à la fois par la préoccupation des nécessités fiscales et
1. Mouvement commercial du Mozambique en 190S (contos de reis) :
Importatiou nationale 1.489
— étrangère 4.133
Exportation S. 904
Héexporlation 4.835
Transit 2Û.6U9
Cabotage 2.479
De 1906 à lillO, les importations ont augmenté de 167 p. luû, et l'augmentation de lyiO sur 1909 seule est de tiy p. 100 ; les exportations, en excluant les espèces, ressorlcnt ainsi :
Livres sterling.
1906 ieî.387
1907 1*6. lil
par le désir de ne pas faire émigrer le trafic sui- les territoires anglais ou allemands voisins. Mais, dans la pratique, le mélange de ces deux considérations a produit les effets les plus incohérents ^ Les districts extrêmes du Nord et du Sud bénéficient de tarifs beaucoup moins élevés que le reste de la colonie. Au cap Delgado, les droits ne sont que de 0 p. 100 ad calorem, sauf pour les armes et les alcools, qui paient le tarif général ; cette quasi-liberté commerciale existe à la fois sur la frontière de mer et sur la frontière anglaise du Nyassa. A Lourenço-Marquès, les droits ad valorem sont variés, et généralement un peu plus élevés. Dans le reste du pays, les tarifs sont très élevés : ils montent parfois à 37 p. 100 de la valeur, avec faveurs spéciales, comme à Angola, pour les produits portugais ou transportés sous pavillon portugais. Presque tous les produits sont frappés de droits de sortie, qui sont, eux aussi, des droits différentiels.
Cette multiplicité de tarifs a le double effet de rendre très difïjcile le commerce intercolonial et de favoriser la contrebande.
Le commerce extérieur est presque entièrement fait par les étrangers.
Les conditions géographiques de la province ne permettent pas, en effet, en dépit du tarif douanier, que les produits de la métropole prennent une part importante dans le commerce général.
Les relations régulières avec la métropole et les relations des ports entre eux étaient, depuis 1893, assurées par l'Union Steam Ship C°, qui avait le monopole des transports de TEtat. En 1895, le monopole a été transféré à la Deutsch-Ost- Afrika-Linie, qui dessert la colonie à la fois par le Cap et par Suez.