llauser, Luc. cit
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En 1903, les ports du ]\Iozîiinbic|ue lurent éoalemcnt desservis par la Enipreza Nacional, qui monopolisa le service des transports, concurremment avec la ligne allemande. Enfin, depuis peu de temps, l'Union Castle Mail Steaniship Company fait faire escale dans la colonie portugaise à ses vapeurs allant en Angleteri-e via Suez, et la British India Steam Navigation Company y l'ait toucher son service de Bombay à Durban.
Les principaux produits originaires du Mozambique figurant à l'exportation sont (chiffres de lOOo) : les graines et produits oléagineux (coprah, sésame, arachides) pour une valeur de 2.500.000 francs; le caoutchouc (2.200.000) ; le sucre de canne (1.200.000) ; le coton, le café, la cire jaune, le bois, l'ivoire, etc.
La production du caoutchouc est en décroissance, et ceci peut s'expliquer par les procédés défectueux de sa récolte en dépit de toutes les mesures prises à ce sujet par le gouvernement local'. Les principales régions caoutchoutières sont : Cap-Delgado, les districts de Mozambique, de Zambezia, Tête et de Lourenço-Marquès au Nord de l'incomàti .
La fabrication du sucre de canne tend à remplacer celle de l'eau-de-vie, depuis la mise en vigueur de l'acte de Bruxelles du 2 juin 1890.
Le coton existe dans la colonie, depuis de nombreuses années, mais on ne le cultive et ne le traite que depuis peu de temps. Les mêmes mesures gonvernementales destinées à encourager cette culture à Angola ont été appliquées récemment au Mozambique (décrets des 27 mai 1905 et 20 mars 1906). L'exportation de ce produit ne remonte pas au delà de quatre ou cinq années.
1. A. de Almada Negreiros, I.ex colonies portugaises, p. 266.
Deux des particularités les plus intéressantes, quand on étudie la colonisation du Mozambique, et qui ont coutribué assurément au développement économique de cette colonie, sont : d'une part, le régime des prazos da Corda et, d'autre part, les compagnies à chartes.
Le régime des prazos da Corôa (ou domaines de la couronne) remonte, sans doute, à la féodalité ; c'est une sorte de bail emphytéotique des terres domaniales consenti par l'Etat, moyennant une redevance annuelle, à des fermiers, qui les exploitent avec le concours de nègres libres. Au point de vue administratif, on en distingue deux catégories : i^ceux delà périphérie, exposés aux pilleries des indigènes, qui ne sont pas soumis à des conditions précises de culture et sont affermés seulement pour dix ans; 2° les autres, situés dans des régions cultivées et pacifiées, sont aflormcs pour vingtcinq ans et plus étroitement soumis, avant 1896, à la surveillance de YInspecçâo gérai, et depuis à celle des gouverneurs de district.
Ce système n'a donné pendant longtemps que de déplorables résultats. C'est seulement en 1890 que le gouvernement est arrivé à contraindre les tenanciers des prazos à mettre en valeur leurs concessions et à ne plus exploiter leurs colons. Actuellement, les revenus que tire l'Etat àas prazos s'élèvent à près de 100 contos; ce système a assez bien réussi en Zambézie, au point qu'on l'a voulu étendre à d'autres colonies, notamment à la Guinée.
Le système àes prazos devait conduire assez naturellement à celui des Compagnies à chartes. Mais ce sont surtout les diflicultés financières, l'impossibilité où se trouvait le Portugal de s'acquitter vis-à-vis de l'Anglelerre des obligations
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uees du traité de 1891, enfin, l'exemple voisin de la Chartered^ qui décidèrent le gouvernement de Lisbonne à créer des Compagnies. Il leur concéda un droit de souveraineté sur des surfaces immenses, avec la propriété de tous les territoires domaniaux, sauf les prazos, avec le droit de rechercher et d'exploiter les mines. L'Etat s'engageait à ne pas retirer ni modifier les concessions pendant vingt-cinq ans. En retour, il se réservait la nomination des hauts administrateurs et l'approbation des statuts. Les Compagnies devaient construire à leurs frais les lignes télégraphiques et les voies ferrées que le Portugal s'était engagé vis-à-vis de l'Angleterre à établir, et abandonner à l'Etat 7 i/2 p. 100 de leur revenu net.
Ces Compagnies ont généralement peu répondu aux espérances qu'on avait mises en elles. Trop souvent, elles s'occupèrent d'affaires de Bourse plutôt que d'entreprises de colonisation.
La Compagnie de Mozambique, fondée en 1888 au capital anglo-français de 1 million de livres sterling, et dotée d'une «charte » en vertu du décret du H février 1891, exploite des territoires d'une superficie de 60.000 mètres carrés. Son mouvement commercial a passé de 5.300 contos en 1899 à 8.970 contos en 1906, 8.029 en 1907 6.009 en 1908. Sa concession est limitée au Nord et au Nord-Ouest par le Zambèze, depuis son embouchure méridionale, et par la frontière du district de Tête ; à l'Ouest par la frontière de la province ; au Sud par le fleuve Save jusqu'à son embouchure méridionale, à l'Est par l'Océan. Cette Compagnie a réalisé d'importants travaux agricoles. Elle a développé les industries des textiles, du sel, la culture du riz, etc. Dans les montagnes de Morumbala, elle possède plus de 150 hectares de plantations de caféiers. Elle a introduit dans la colonie le coton et le caoutchouc. A Bompena, dans l'île d'Inhangommas, se trou-
vent de vastes plantations de canne à sucre, s'étendant sur une superficie de plus de 50 hectares et produisant plus de 5.000 tonnes de sucre. Près de Coroabaça, on a découvert des formations diamantifères, et des alluvions d'or existent, paraît-il, sur les rives des fleuves Lusiti et Revue qui arrosent ces territoires ^ Depuis 1903, il semble que la Compagnie préfère la culture du sol à l'exploitation minière, qui avait été jusque-là sa principale préoccupation. Elle poursuit, en même temps, l'exécution d'un plan méthodique de travaux d'amélioration. Elle a déjà construit un imj)ortant chemin de fer de pénétration, de Beïra au Manica, fondé la ville de Beïra, exécuté de grands travaux dans ses ports, etc. Son avenir paraît plein de promesses. La gestion financière de la Compagnie a été bonne, en général : en dépit des circonstances dilïiciles quelle a traversées et notamment de la crise générale de l'Afrique du Sud, elle a réussi à augmenter ses recettes et à diminuer ses dépenses'. La Compagnie du Mozambique compte, elle-même, un certain nombre de Compagnies sous-concessionnaires : ce sont les Compagnies du Busi (17.118 hectares), de Luabo, de la Gorongosa.
La Compagnie du Nyassa, constituée en vertu du déci-et du ^6 septembre 1894, au capital de 25 millions de francs, moitié anglais et moitié français, étend sa souveraineté sur