D'après de Almada Negreiros, Le Mozambique, p. 69 et
ii- Nous e.xtrayons du dernier rapport présenté par le conseil dadministration de la compagnie du Mozambique les chiffres suivants se référant à l'année 1909. Les receltes générales ont été de 784 contos (dont 772 en Afrique et 12 en Kurope) : les dépenses se sont élevées à 655 contos (dont 591 pour lAfrique et 64 pour l'Europe). Il y a eu par conséquent un solde <ie 129 conlos. Les recettes de 1909 sont les plus fortes que la compagnie ail enregistrées : mais on prévoit un solde plus élevé encore pour l!»10.
La population recensée sur le territoire de la Compagnie atteignait, au 31 décembre 1908, £40.935 âmes (dont 1.287 blancs. 797 asiatiques, 910 métis et 2.'î7.94l nègres), soil un excédent de 2.823 habitants sur 1907.
250.000 kilomètres carrés, entre la Royouma, le Nyassa et le Rio Lurio. Son principal centre est Ibo. Les territoires de Nyassa doivent être mis en communication avec le littoral par un chemin de fer qui partira de la baie de Pemba, où la Compagnie a déjà fondé la ville de Port-Amélie. Ce sont les minerais qui constituent la principale richesse de cette concession : « La houille abonde dans les bassins carbonifères de Pemba et Ilule Le fer existe en grande quantité à Podo ; le mica, à Namituko ; l'or, dans toute la région de Rarico, entre le Lujanda et les monts Mandimba\ » Le sol fertile est propre à la culture du colon et du caoutchouc ; de nombreuses caravanes parcourent les territoires de la (Compagnie et elle possède un des meilleurs ports de l'Afrique Orientale. Malheureusement, la Compagnie a eu à souffrir du manque d'Européens, des luttes contre les indigènes, de la contrebande faite par les Arabes, de la prohibition, pendant quelques années, du commerce des armes à feu, etc. Elle n'a pas toujours trouvé de la part du gouvernement de la métropole et chez les autorités du Mozambique tout le concours qu'elle était en droit d'en espérer, et son administration a laissé beaucoup à désirer. La construction du chemin de fer, qui sera une des branches du grand transafricain, aura pour résultat de mettre en valeur son immense territoire ; mais les capitaux lui manquent pour une telle œuvre. La Compagnie a peu fait jusqu'ici, et quelque temps encore, elle devra se borner à poursuivre l'occupation de sa concession, où elle maintient une force de police insignifiante. Les recettes de la Compagnie ne dépassaient pas, le 31 décembre 1908, 1.238 contos, tandis que ses dépenses pour ses territoires s'élevaient à 1.624 contos. Le mouvement commercial de ses territoires a passé de o80 contos en 1899 à 1.200 en 1905.
1. D'après de Alinada Negreiros, J.e Mozambique, p. 69 et 71. M.\KVAUD. — Portugal. Iti
Il n'a été, il est vrai, que de 834 coiilus en 1906, 811 en 1901 et 683 contes en 1908.
La Coinpagnie de la Zaoïôézie, fondée en 1892 — qui ne possède pas des droits aussi étendus que les deux précédentes — exploite un territoire de 155.000 kilomètres carrés. Son capital a été porté par augmentations successives, à 15 millions de francs. Elle s'est surtout consacrée à l'exploitation agricole dans le Bas-Zambèze et à l'exploitation des salines de la rive droite du Macuze.
L'État participe aux bénéfices (environ 30 p. 100) et possède le dixième des actions. Cette Compagnie, qui s'était d'abord exclusivement consacrée au commerce, a augmenté ses factoreries, créé une route sur le Chiré et le Zambèze, ouveil des canaux et des routes, établi des sanatorio, construit le chemin de fer de Quilimane au Chiré. Son exploitation paraît avantageuse pour les finances pubhques.
La mise en valeur des richesses minières, particulièrement abondantes dans la région du Haut-Zambèze, est destinée à augmenter le champ d'activité et la prospérité de la Compagnie. Le mouvement commercial de ses territoires s'est élevé à 301 contos en 1907. La même année, les recettes de la Compagnie en Afrique étaient de 170 contos, contre 115 contos représentant le chiffre correspondant des dépenses.
Au point de vue du transit, la Compagnie profite du voisinage de la British Central Africa, dont elle est la porte de sortie naturelle.
La Compagnie dinhambane fut créée en vertu d'un décret du 30 juillet 1891. Sa charte organique était identique à celle des Compagnies du Mozambique et de Nyassa. Les territoires, dont l'administration et l'exploitation lui étaient concédées, étaient boiiiés au Nord par le fleuve Save, à l'Ouest par la fronlière intérieure de la province, au Sud et au Sud-
LE MOZAMBIyUE 243
Ouest {3ar le fleuve Limpopo, à l'Est par l'Océan. Mais la Compagnie n'eut pas à prendre possession de ses concessions, car elle n'arriva pas à se constituer. Elle a été déchue en 1893.
11 existe au Mozambique un certain nombre d'autres Compagnies, soit sucrières, comme la Compagnie sucrière de l Afrique orientale portugaise (fondée en 1900) et la Compagnie du sucre de Mozambique, soit constituées pour l'exploitation des prazos da Corôa, comme la Compagnie du Borôr, constituée en 1899. Citons encore : la Compagnie des Pêcheurs de perles de Bazaruto, qui a hérité d'une partie de la concession de la Compagnie d'Inhambane fl891), la Compagnie Houillère du Zambèze (1895), la Mozambique Maceçuece Lmited et un grand nombre d'autres sociétés minières, dont les résultats n'ont pas été toujours très brillants, la Compagnie agricole de Moribane, etc.
11 est question, à l'heure actuelle, à Lisbonne, d'un remaniement de concessions secondaires. Après la résiliation d'une partie des concessions faites à la Société du Zambèze, on parle de la suppression complète d'autres sociétés, qui se trouvent dans une situation très précaire. Ces sociétés conserveraient une certaine quantité de terrains propres à la culture, comme indemnité de leurs chartes représentées aujourd'hui seulement par des dettes qu'elles ne sont pas à môme de liquider avec leurs ressources propres, et leur suppression permettrait, tant à la métropole qu'aux quelques grandes sociétés que l'on conserverait — Mozambique, Nyassa — de développer les ressources de la colonie.
Le gouvernement garde, au sud des territoires de la Compagnie de Nyassa, l'administration directe de la région de Mozambique, dont la capitale compte 30.000 habitants et qui exporte des arachides, de l'orseille, du copal, de l'ivoire,
des cauris, des minerais de fer. C'est un pays encore peu connu et dont la colonisation est peu avancée. Son commerce est complètement monopolisé par les caravanes de Makoua, porteurs de sacs de caoutchouc et d'ivoire. La ligne de Hambourg (mensuelle) a presque le monopole du commerce extérieur, malgré les passages mensuels de la Peninsularand Oriental C et des Messageries (Marseille-Diego). Le cabotage et même la navigation de l'Inde (par la muusson) sont faits par des boutres arabes. Le mouvement commercial était de 1.030 contos en 4888, de 1.261 en 1897.
L'importance économique du Mozambique ne lient pas seulement aux richesses de son sol et de son sous-sol ; elle est due aussi, en grande partie, à sa situation d'intermédiaire, à la valeur du transit des marchandises étrangères qui sont embarquées dans ses ports. Sur la totalité du mouvement commercial de 1908, plus de 20 miUions de francs doivent être attribués à celte provenance. Les progrès remarquables de Lourenço-Marquès et de Beïra méritent d'être mis en vedette. La première de ces villes, si admirablement située sur la baie de Delagoa, voisine du Transvaal et de la Rhodesia, et qui compte aujourd'hui 16.000 habitants, a vu son mouvement commercial passer de 1.020 contos, en 1888, 6 lo.657 en 1897 (dont 11.969 de Iran.sit), 22.000 en 1903 (dont 15.793 do transit). 27.000 en 1908 (dont 20.237 de transit) *.
.1. Mouvement commercial du port de Lourenço-Marciuès (conlo.s dereis) :
Imporlation ualionale t. 084 985
— Plrangi^re 2.33fi 2.547
, Marcbaudiscs de la province ... 97 110
c ..!•« y Marchandises nalioiialisi^es .... 85 104
Exportation y^,,^^;^ 5^^,^ j ^g^
[ Transit 18 ;i;)u 20.237
Les marchandises allemandes, favorisées par le fret peu élevé de la
En 1910, le port de Lourenço a été fréquenté (entrées et sorties) par 692 navires, dont 650 vapeurs, jaugeant ensemble 2.173,460 tonnes (anglais : 4.410.132 tonnes; allemands : 401.561; portugais : 241.561; français : 26.429). Beïra, qui, en 1891, n'était qu'un point fortifié sur la côte, peuplé de 700 habitants, a aujourd'hui — grâce à l'hinterland britannique — plus de 3.400 habitants et tout l'outillage d'un grand port dont l'entreprise appartient à une Société française : la Compagnie du Sud-Est africain. Son mouvement commercial a atteint 152.488 tonnes en 1910 ^
L'importance de ces ports date surtout de l'achèvement des voies ferrées appelées à desservir de riches régions, et qui les ont mis en relations directes avec les colonies voisines, dont l'essor est si rapide.
Le chemin de fer de Lourenço-Marquès à Pretoria^ commencé en 1870, n'a atteint la frontière du Transvaal qu'en 1890 et Pretoria en 1894. Il n'a pas plus de 90 kilomètres et il a fallu trente ans pour le terminer; il est inutile de rappeler après quelles vicissitudes ! C'est, à 1 "heure actuelle, incontestablement un des plus importants de l'Afrique. Ses recettes
Deutsch Ost Afrika Linie, supplantent peu à peu les articles anglais, à la fois ft l'importation et au transit. Au contraire, les frets de Marseille (qui n'esl cependant qu'à trente jours de Johannesburg) sont très élevés.
Après Lourenço, voici quel a été en I'jOS, d'après leur importance, le mouvement des autres ports: Chinde (2.144 contos), Inhambane (i.381), Quelimane (643), Tête i27:2).