‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 11 sur 194 · V. infra, p · texte numérisé non relu

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du Roi, à dissoudre les Chambres, sans fixer de délai pour la convocation des collèges électoraux. Le décret invoquait les efforts inutiles du gouvernement pour triompher de l'obstruction législative pendant six mois, son impossibilité de faire aboutir ses projets de réforme. Il déclarait : « En subordonnant la politique à Tœuvre administrative, nous agissons en conformité des aspirations de la nation ». Et M. Franco faisait le serment « d'assurer aoec ou sans les Chambres le bien et l'avenir du pays ».

Ce n'est pas sans raison que l'opposition qualifia ce décret de dissolution d' « inconstitutionnel » et qu'elle traita M. Franco de « dictateur ». D'une })art, en effet, le Conseil d'Etat n'avait pas été préalablement consulté, ainsi que le voulait la loi. D'autre part, la Constitution exigeait qu'en cas de dissolution une autre Chambre fût convoquée sans retard, dans un délai fixé. Enfin, le budget n'avait pas été voté.

Il faut dire, à la défense de M. Franco, que la dictature n'était pas chose nouvelle au Portugal. M. Ribeiro, pour sa part, n'y avait pas recouru moins de trois fois : en 18!)3, en 1895 et en 1904, et il n'avait pas dépendu de lui qu'il ne l'exerçât une quatrième fois en 1906. M. de Castro, lors de son ministère, l'avait également demandée, mais inutilement, au Roi. « Depuis 1881, pouvait dire M. Franco, tous les ministères ont eu recours à la promulgation des lois par décrets : le pouvoir exécutif a toujours empiété sur le législatif et l'a envahi... La dictature est chez nous un fait tr-aditionnel... La Cour de cassation, en juillet dernier, a jugé que la plus grande partie de la législature portugaise a été établie en dictature '. . . »

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