‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 123 sur 194 · D'après le Times du i4 avril · texte numérisé non relu

D'après le Times du i4 avril

CONCLUSIONS '.i03

Un autre caractère du programme républicain est d'être moralisateur. Après avoir violemment dénoncé pendant de longues années — et à juste raison, il faut le reconnaître — les scandales financiers de la royauté et les abus des « rotatifs », les républicains ne pouvaient manquer, en arrivant au pouvoir — sous peine de faillir à leurs promesses — de chercher à mettre un peu d'ordre dans ces écuries d'Augias.

Peut-être doit-on leur reprocher seulement d'avoir apporté trop de parti pris et de rancunes personnelles dans la répression des précédents abus. C'est ainsi que les trois récents décrets, destinés soi-disant « à assurer l'indépendance de la magistrature » sont, comme l'écrit le Temps \ des « décrets de guerre ». L'un de ces décrets fixe à soixante-dix ans la limite d'âge des magistrats, mais il reste loisible au ministre de la Justice de prolonger cette limite à soixante-quinze ans : ce qui lui permet, le cas échéant, de faire pression sur l'esprit des magistrats, et ce qui est une singulière façon de comprendre l'indépendance judiciaire ! Le second décret a porté de trois à cinq les juges de la cour d'appel de Goa (Inde), afin de pouvoir y reléguer les juges indépendants de Lisbonne. Et, en elîet, un troisième décret s'empressa d'y envoyer un magistrat de Lisbonne, M. Abreu — celui-là même qui, en 1907, s'était élevé contre les lois dictatoriales de Jào Franco — sous prétexte de rébellion. La vérité est que M. Abreu, en annulant la mise en accusation de M. Franco, vu l'incompétence des tribunaux ordinaires et

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