‹ Le Portugal et ses coloniesChapitre 124 sur 194 · décembre · texte numérisé non relu

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l'amnistie de 1908, n'a fait qu'obéir à sa conscience de magistrat. La nouvelle Constitution n'étant pas promulguée, force lui était bien déjuger d'après le droit jusque-là en vigueur, sans que cela impliquât de sa part, comme on l'en a accusé, un « défi au nouveau régime établi par la volonté nationale ».

Un autre souci du gouvernement provisoire est de réorganiser l'enseignement de fond en comble. Une commission a été nommée dans ce but par un décret en date du 2 novembre 1910, dont les considérants sont tout entiers à citer : « Gouvernement de liberté — y lit-on — l'Etat républicain a le droit de cherclier à réaliser dans les esprits les conditions d'existence de cet état politique et social; il est nécessaire, en effet, que la liberté règne dans les esprits pour quelle puisse dominer dans les institutions.

w Gouvernement d'égalité, donnant à tout citoyen la conscience active de ses droits, il a le droit, de son côté, d'imprimer à son esprit le sentiment correspondant de ses devoirs envers l'État et envers ses concitoyens.

« Gouvernement de raison par la liberté et par la justice, où l'ordre politique et social résulte non point de la crainte inspirée par un chef revêtu de pouvoirs surnaturels, mais au respect mutuel des droits de chacun, il lui incombe le devoir indéclinable de développer chez le plus humble des citoyens la raison, condition de cette liberté créatrice et de cette justice.

« Dans la démocratie, le lien social, qui constitue la vie et lame de la nation, exige pour tous les citoyens une commune éducation ; libre association d'individus solidaires, pour que leurs volontés coopèrent, il est nécessaire que les esprits en soient convaincus; pour que les consciences se

maintiennent ainsi dons la môme aspiration, il faut que le dépôt sacré de la tradition nationale — son histoire, son art, sa langue et sa littérature — soit scrupuleusement transmis et augmenté de génération en génération.

« Il ne peut donc être indifférent aux hommes, qui ont fondé la République, que la génération qui va suivre soit préparée h garder et à continuer l'œuvre cimentée par le sang et par les laimes de milliers d'ouvriers... »

Il est inutile, après la lecture de ces considérants, de se demander si le nouveau régime portugais se montrera respectueux de la liberté d'enseignement et des droits des pères de famille en la matière.

Et, en effet, si le nouveau décret (du 29 mars 1911) — qui refond complètement l'enseignement primaire à ses trois degrés (infantile, élémentaire et supérieur) — proclame la liberté de l'enseignement (art. 48), c'est à la condition pour ceux qui s'y destinent de subir un examen « spécial » dans les écoles normales, d'être inscrits « au moment de la publication de ce décret », au secrétariat d'une inspection scolaire, et de notifier, dans les quinze jours, l'ouverture de leur école à l'autorité compétente. De plus, l'école peut être fermée, à n'importe quel moment, sur le simple avis de l'inspecteur scolaire, s'il y est enseigné « des doctrines contraires aux lois de l'Etat, à la liberté des citoyens et à la morale sociale... (?) »

D'après ce décret, dont nous ne pouvons ici qu'indiquer les grandes lignes, l'enseignement sera neutre, laïque et obligatoire. « C'est, écrit à ce sujet un journal qui se publie depuis peu à Paris, La République Portugaise *, c'est l'école émancipée de l'influence théologique, la suppression du catéchisme et de toutes les routines qui jusqu'à ce jour avaient

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