Poinsard, loc. cil., p
nos petits jeunes gens débutent dans les journaux. On aie droit de tout dire. Vie publique, vie privée, rien ni personne n'est à l'abri. Un jour ou l'autre, quand ils deviennent gênants, on leur trouve un emploi public. Ah ! monsieur, la belle année d'employés que nous avons ! Mais le beau pays que nous aurions sans eux ! ^ »
Pendant ce temps, les travailleurs des villes et des campagnes sont abandonnés à leur misérable condition, en attendant que les théories socialistes et révolutionnaires viennent jeter un ferment dangereux dans leurs esprits... Et une partie considérable du sol cultivable reste en friche ! On ne trouve guère de capitaux disponibles pour le développement de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics. Le commerce est entravé — comme nous le verrons plus en détail — par un système fiscal qui n'a d'égal, selon un rédacteur du Times'y que le Likiu chinois !
La bureaucratie et la centralisation inflexibles n'ont eu d'autre effet, sauf dans la région de Tras os Montes ^, que d'étouffer le reste d'instinct autonomiste qui pouvait subsister dans le pays et de tuer toute initiative locale. Tout le travail national est à la merci des politiciens et des antichambres ministérielles de Lisbonne. Porto même, le principal centre de commerce au Portugal, en souffre gravement : « Nous ne pouvons faire sauter un rocher du Douro, déclarait un négociant de celte ville, sans le consentement de la capitale ! »
Aucun des souverains, qui se sont succédé depuis 1852, n'a possédé l'autorité nécessaire pour remédier à cette situation.